Séries et Porno : sur les pas de Canal+, Arte mise sur la production maison

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La sérieuse Arte va bientôt diffuser, comme Canal +, une série maison sur le X, baptisée «Xanadu». Une «diversification» qu’elle assume en misant sur la «production de séries» destinées à «conquérir un public plus jeune» et à concurrencer de fait la chaîne cryptée. «Ce n’est pas vraiment un changement de direction», assure Emmanuel Suard, directeur adjoint des programmes d’Arte. «Ce qui est nouveau c’est de décider de se lancer dans la production de séries dans différents registres, d’expérimenter, de se diversifier», ajoute-t-il.  «On a commencé avec des comédies comme «Les invincibles», là c’est un registre dramatique («Xanadu», ndlr). Notre approche est très différente de celle de Canal. On cherche à instaurer un univers. C’est un élément de création fondateur de l’identité d’Arte», ajoute-t-il. «On ne peut pas se contenter de travailler avec des achats», poursuit M. Suard, en évoquant le succès de la diffusion par la chaîne franco-allemande de «Breaking Bad», série culte américaine dont le héros, professeur de chimie, atteint d’un cancer du poumon en phase terminale, fabrique de la drogue pour subvenir aux besoins de sa famille. «Xanadu», le destin d’une famille déchirée, les Valadine, qui essaie de maintenir à flot l’entreprise du père, magnat du porno sur le déclin, pose un regard sombre sur l’univers du X. La série sera diffusée sur Arte à partir de samedi et jusqu’au 21 mai à 22h25 à raison de deux épisodes de 52 minutes. «Une série concurrente» de «Hard», assure Gilles Galud (la Parisienne d’Images) producteur de cette série «maison» de Canal + sous la direction de Bruno Gaccio (La Fabrique Canal +), dont il présentait jeudi la deuxième saison à la presse. «Canal et Arte sont clairement les deux moteurs du renouveau de la fiction, avec moins de contrainte d’audience, un public plus averti mais la nécessité de faire de la création pour affirmer leur identité», ajoute-t-il. Réalisée par Cathy Verney, «Hard», qui sera diffusée chaque lundi de mai en prime time sur la chaîne privée, raconte l’histoire d’une tout autre entreprise familiale de films X, dont la mère, Sophie, hérite à la mort de son mari et tombe amoureuse d’un des acteurs. «Une comédie romantique dans l’univers du porno», résume Bruno Gaccio. «C’est joyeux, touchant. L’idée de départ c’était de montrer comment un acteur porno peut être amoureux. Le casting est très homogène, tous les acteurs jouent la même partition. Il était très légitime de traiter de ce milieu (le cinéma X) que j’ai toujours considéré comme un genre au même titre que les films policiers», ajoute-t-il.