Au terme d’intenses négociations, les opérateurs Bouygues Telecom, Iliad (Free) et Orange se sont mis d’accord samedi soir avec Altice France pour lui racheter sa filiale SFR, pour un montant total de 20,35 milliards d’euros, marquant le coup d’envoi d’un nouveau big bang dans le secteur en France. Après avoir prolongé vendredi de 48 heures la période de négociations exclusives ouvertes mi-avril, les quatre acteurs ont finalement trouvé un terrain d’entente le lendemain, avec notamment un potentiel complément de prix pouvant atteindre 650 millions d’euros à la clôture de l’opération – espérée au second semestre 2027 – et l’assurance donnée aux salariés de SFR repris que leur emploi serait garanti jusqu’à début 2029, ont-ils détaillé dans un communiqué commun. Cette transaction représente «l’une des plus importantes opérations industrielles en Europe dans le secteur des télécommunications», soulignent les entreprises, alors que se profile une reconfiguration inédite avec un retour à trois opérateurs en France. Elle reste encore soumise à l’examen des autorités de la concurrence et, «à ce stade, il n’y a aucune certitude que cette opération soit réalisée», précisent les groupes dans leur communiqué. Selon le protocole d’accord, Bouygues Telecom prendra à sa charge 42% du prix de vente, Free-Groupe Iliad 31% et Orange 27%, à travers l’acquisition de titres de la société SFR. En termes de répartition des actifs, la filiale du groupe Bouygues décrocherait notamment le segment «B2B» de SFR, c’est-à-dire les offres dédiées aux professionnels, ainsi qu’une partie de ses activités grand public (soit environ 6,4 millions de clients mobile et fixe). Free hériterait des quelque 6 millions de clients de l’offre RED by SFR, ainsi que de près de deux millions de clients de son activité grand public, tandis qu’Orange se verrait attribuer environ 4,9 millions de clients. Les trois acquéreurs ont également prévu de se partager les fréquences pour le moment exploitées par SFR. Au total, le chiffre d’affaires du périmètre concerné par l’opération a atteint 8 milliards d’euros en 2025. Bouygues Telecom se taillerait la part du lion dans ce montant (52%), devant Iliad (27%) et Orange (21%), qui doit se contenter d’une portion moindre en raison de sa position dominante sur le marché.






























