Trois questions à … Pascal Delannoy, directeur de Radio France Multimédia et ancien directeur de France Info.

Radio France multimédia a quelques webradios thématiques comme le goût, les livres, le sport. Le 6 novembre, elle a inauguré celle de la présidentielle 2007. Mais sa mission est bel et bien de lier le multimédia et la radio. Explications de Pascal Delannoy.

média+ : Pourriez-vous nous parler de la webradio présidentielle ?

Pascal Delannoy : Dans l’année et demie qui vient nous concentrerons nos efforts sur les différentes élections présidentielles, législatives, puis municipales. La chance de Radio France est d’avoir beaucoup de rendez-vous politiques sur toutes ses stations. La webradio est l’endroit où l’on peut tout écouter et réécouter. Nous proposons aussi le portrait des candidats des sites à aller voir, ainsi que des renseignements pratiques. Mais le fil conducteur de la webradio, c’est le travail de notre rédaction. Cinq journalistes de Radio France multimédia sont mobilisés. Ils réalisent un dossier par semaine soit 24 au total sur les clés du scrutin. Le dossier de la semaine s’intitule «les transports pris de vitesse». À chaque fois, il y a un témoin qui raconte la situation d’aujourd’hui, un expert qui explique la problématique, et les grandes dates du thème en France. Il y aurait quantité de sujets qui méritent une webradio. On pourrait en imaginer une sur l’environnement, sur l’économie, on peut tout décliner… Mais on ne veut pas se disperser. Il ne s’agit pas de compiler les choses. Notre ambition est de les faire vivre. La webradio présidentielle représente ce qu’on a vraiment envie de faire, une vitrine de Radio France.

média+ : Radio France multimédia a-t-elle d’autres fonctions ?

Pascal Delannoy : Elle doit faire vivre les sites de chaque antenne. Dans quelques semaines, toutes les radios du groupe auront leur site. 7 antennes nationales et 41 radios locales. Nous venons d’ouvrir le site de France Bleu Pays Basque. Le prochain et dernier sera celui de «France Bleu La Rochelle». Mais le travail n’est jamais fini. La demande du public est telle qu’il faut envisager des refontes et chercher de nouvelles idées. Nous sommes dans une logique comparable à celle de la presse écrite. Nous avons la chance d’avoir les contenus, à nous d’avoir les meilleures vitrines et d’ajouter des services originaux que nous imaginons. En novembre, nous avons eu 4,9 millions de visites, soit une progression de 10% en un an. Nous sommes dans une compétition mondiale qui dépasse celle de la radio : quand on ouvre «France bleu Pays Basque», on propose une dizaine d’émissions en Basque. Les Basques sont dispersés dans le monde entier. Nous sommes dans une nouvelle limite de la radio. Internet apporte une richesse supplémentaire qui ne fait que renforcer le lien et la passion entre la radio et des auditeurs même nouveaux.

média+ : Quels sont vos prochains chantiers ?

Pascal Delannoy : La radio numérique va arriver dans nos vies dans quelques mois, quelques années. Nous réfléchissons aux données associées qu’on pourra lire sur les petits écrans des transistors du futur. Ils accompagneront l’écoute de la radio. Les données associées peuvent nous informer sur l’émission, la musique qu’on écoute ou le livre dont en parle. C’est déclinable dans tous les domaines. Ce serait très bon pour la radio. Je crois beaucoup en l’avenir de la radio. Il y aura toujours la magie du son. Elle apporte du recul. On l’emporte partout. Même si la télévision mobile arrive, la radio reste puissante. À nous d’être sur tous les terrains pour qu’on puisse écouter la radio de manière différente. Avoir des informations pertinentes et complémentaires nous donnerait des arguments de plus pour garder notre place face à l’avalanche d’images.

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