Patrick Poivre d’Arvor, qui a animé lundi soir le nouveau rendez-vous politique de TF1 avec Nicolas Sarkozy comme invité, avait préparé dans la matinée l’émission avec les 100 Français sélectionnés pour interroger le candidat à l’élection présidentielle. Mais le journaliste assure que les questions n’ont «surtout pas» été communiquées au candidat UMP.
média + : Comment avez-vous préparé l’émission?
Patrick Poivre d’Arvor : J’ai rencontré dans la matinée les 100 Français, avec Robert Namias (directeur de l’information de TF1), Etienne Mougeotte (vice-président de la chaîne) et Brice Teinturier (directeur de la Sofres). Nous avons écouté les membres du panel. Un à un, ils ont fait part de la question qu’ils aimeraient poser, tout en disant qu’elle pourrait changer. Ensuite je me suis composé l’émission dans ma tête sur la base de ce que j’avais entendu, pour donner une structure. J’avais trouvé que l’émission avec Jacques Chirac il y a deux ans (où le président avait répondu aux questions de jeunes sur le référendum) était trop «fouillis». Là, j’ai pris les thèmes par ordre d’importance. De loin, le pouvoir d’achat arrivait en tête, puis le logement, la santé, les retraites, le chômage. L’immigration et la délinquance n’étaient pas si présents, et la politique étrangère pratiquement absente.
média + : Des questions ont-elles été communiquées à l’avance à Nicolas
Sarkozy?
Patrick Poivre d’Arvor : Surtout pas! Je n’ai parlé à personne, ni à lui, ni à son chargé de communication. C’était capital pour la spontanéité des questions. On s’est vus exactement 15 secondes avant le début de l’émission, et même à la pause publicité je me suis refusé à lui parler. D’ailleurs depuis le mois de septembre, je ne vois aucun des candidats à la présidentielle.
média + : La formule de l’émission vous a-t-elle plu?
Patrick Poivre d’Arvor : J’ai été assez emballé. Avec l’émission de Chirac j’étais resté sur ma faim, il semblait un peu dépassé, disant qu’il ne comprenait pas… Là j’ai trouvé que l’émission était au plus près des préoccupations des Français. Les membres du panel avaient l’air contents, et Sarkozy aussi, bien qu’épuisé. Pour moi c’était une performance physique de me retrouver debout face à un auditoire aussi inattendu… Certaines questions n’avaient pas été évoquées le matin, comme celles des deux homosexuels ou de la jeune femme algérienne qui a parlé de ses origines. Pour la prochaine édition de «J’ai une question à vous poser» (lundi prochain avec Jean-Marie Le Pen, Marie-George Buffet, Olivier Besancenot et Philippe de Villiers) on gardera la même formule, avec des gens différents. Et je serai peut-être un peu moins directif…


































