Tunisie: un journaliste brave l’interdit de manifester pour la liberté

Un journaliste et blogueur tunisien a bravé lundi l’interdiction de manifester publiquement pour la liberté de la presse, faisant irruption au palais présidentiel de Carthage, alors que le chef de l’Etat Zine El Abidine Ben Ali s’engageait à reformer la loi sur les médias électroniques. «J’ai forcé la grille au volant de ma voiture et on m’a reçu.
J’ai consigné par écrit tout ce que j’ai enduré depuis le jour où j’ai demandé à manifester en cette journée mondiale de la liberté de la presse», a raconté Zied El Heni, 46 ans, rédacteur du quotidien arabophone progouvernemental Essahafa. «C’est un acte improvisé que j’ai eu ce matin lorsque, accompagnant mes trois filles à l’école, j’ai été pris en chasse par la police très présente depuis la veille dans mon quartier et autour de mon domicile», a ajouté M. El Heni, auteur d’un blog très critique sur Internet. En avril, avec un autre cyberjournaliste, il avait écrit au ministère de l’Intérieur pour une autorisation de manifester publiquement durant une heure le 3 mai «en faveur de la liberté d’information et de presse et pour l’égalité devant la loi» en Tunisie. Dans son message de voeux à la presse, le président Ben Ali a promis lundi de «consolider le pluralisme dans le paysage médiatique» et de «promouvoir le dispositif législatif régissant l’information électronique».
Il a dans le même temps assuré qu’il n’y avait en Tunisie «aucun tabou ni interdit» et affirmé que les médias pouvaient «traiter tous les dossiers et toutes les questions sans aucune forme de censure autre que celle que leur impose leur conscience dans le cadre du respect de la loi et de l’éthique professionnelle».

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