Porté par un message positif, un casting exigeant et un ancrage assumé dans le réel, «Qui veut être mon associé ?» revient le 8 janvier sur M6. Entretien avec Thomas CARRE-PIERRAT, Directeur des programmes chez Satisfy (Satsifaction Group).
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Pourquoi l’émission «Qui veut être mon associé ?» fonctionne-t-elle aussi bien, saison après saison?
Thomas CARRE-PIERRAT
Parce qu’elle envoie un message positif dont les gens ont profondément besoin aujourd’hui. Nous traversons une époque compliquée, marquée par des crises sociales, économiques et politiques. Or, pendant deux heures, «Qui veut être mon associé ?» montre des personnes qui entreprennent, qui avancent, qui prennent leur destin en main. On voit aussi des investisseurs qui choisissent de financer l’économie réelle, des projets, des rêves, plutôt que de garder leur argent pour eux. Finalement, l’émission crée une sorte de bulle de confiance et d’optimisme qui fait du bien aux téléspectateurs. Il y a également une forte valeur d’exemple. Beaucoup se disent en regardant l’émission: «Pourquoi pas moi ?» On réalise que l’entrepreneuriat n’est pas réservé à une élite. Il faut une idée, de la motivation et beaucoup de travail, mais chacun peut se projeter.
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Le casting est-il la clé du succès du programme ?
Thomas CARRE-PIERRAT
Absolument ! La grande complexité de l’émission repose sur le casting. Si les entrepreneurs ne sont pas solides, si leurs projets ne sont pas viables ou intéressants, le programme ne fonctionne pas. Tout notre travail en amont consiste donc à sélectionner les meilleurs profils. Il faut aussi proposer une vraie diversité : des secteurs différents, des parcours variés, des entrepreneurs venus de toute la France, de tous âges, avec des histoires personnelles fortes. Des entrepreneurs «pur jus», mais aussi des profils en reconversion professionnelle. C’est cette alchimie qui permet de construire une saison équilibrée et captivante.
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Ces profils sont-ils faciles à trouver ?
Thomas CARRE-PIERRAT
Pas du tout, et heureusement ! Nous recevons des milliers de candidatures. Une grande équipe d’enquêteurs effectue un premier tri, mais nous menons aussi un travail très proactif. Nous repérons des projets dans la presse, sur les réseaux sociaux, à la télévision. Il arrive aussi que certains entrepreneurs pensent spontanément que l’émission n’est pas faite pour eux. Dans ces cas-là, nous allons les chercher pour leur dire que justement, leur parcours a toute sa place dans le programme. À la fin, environ 60 projets sont retenus pour une saison.
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Le format a-t-il évolué au fil des saisons ?
Thomas CARRE-PIERRAT
Le programme est adapté d’un format international, «Dragon’s Den». On ne peut donc pas le transformer radicalement, et surtout, il n’y en a pas besoin. La force de l’émission, c’est son ancrage dans le réel. Ce sont de vrais entrepreneurs qui viennent défendre leur entreprise, parfois leur avenir, et de vrais investisseurs qui engagent leur propre argent. Introduire trop de mécaniques artificielles ferait perdre de la crédibilité au programme. Nous avons choisi de rester dans quelque chose de très pur : des décisions prises avec la tête, mais parfois aussi avec le cœur.
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Une fois l’investissement promis à l’antenne, que se passe-t-il concrètement ?
Thomas CARRE-PIERRAT
Après l’émission, on entre dans la réalité du business. Il y a des phases de vérification, d’échanges, de discussions juridiques et financières, ce que l’on appelle les due diligence. Il arrive que certains deals n’aboutissent pas, pour des raisons très factuelles. À l’écran, on voit une vingtaine de minutes, mais les échanges durent souvent 40’. Malgré tout, les investisseurs ont un engagement moral fort, et les désistements restent rares.
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Comment s’organise le tournage d’une saison ?
Thomas CARRE-PIERRAT
Le tournage s’étale sur environ un mois, à raison de deux à trois jours par semaine. Les investisseurs ont des emplois du temps extrêmement chargés, il faut donc s’adapter. Ce rythme permet à chacun de continuer ses activités professionnelles tout en garantissant une production de qualité.
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Quelle place occupe «Qui veut être mon associé ?» dans la galaxie Satisfy ?
Thomas CARRE-PIERRAT
C’est un programme à part pour nous. Nous produisons beaucoup de divertissements et de jeux, mais ici, il y a une dimension plus sérieuse, plus profonde. C’est aussi ce qui rend cette émission très précieuse à nos yeux. Nous sommes fiers de la produire parce que nous savons qu’elle peut réellement changer la vie des gens. Elle apporte une dimension de sens qui dépasse le simple divertissement.
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Travaillez-vous toujours en lien étroit avec Sony, propriétaire du format ?
Thomas CARRE-PIERRAT
Oui, bien sûr. Nous échangeons en permanence avec eux. Nous observons aussi ce qui se fait à l’étranger et accueillons régulièrement des équipes venues découvrir notre façon de travailler. Le partage d’expérience est au cœur de la logique des formats internationaux.



































