Á. PINA (La Casa de Papel) : «Avec cette saison 3, nous avons beaucoup de pression sur nos épaules»

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«La Casa de Papel» est l’un des gros succès de la saison sur Netflix. A l’origine diffusée en Espagne sur la chaîne Antena 3, la série a été mise sous le feu des projecteurs à l’international depuis sa mise ligne sur la plateforme de vidéo à la demande, fin 2017. Elle est devenue la série non anglophone la plus regardée de Netflix. La saison 3 devrait voir le jour sur la plateforme courant 2019. Entretien avec Álex PINA, Créateur et Scénariste de «La Casa de Papel».

MEDIA +

En créant «La Casa de Papel», imaginiez-vous que la série rencontrerait un succès à l’international ?

ÀLEX PINA

Parler de façon rétroactive, c’est facile. En écrivant le premier chapitre de «La Casa de Papel», je me suis dit que la série allait plaire en Espagne et pourrait naturellement avoir des répercussions au niveau des ventes à l’international. En revanche, je ne pensais pas que le succès allait être de cette envergure. Quand on commence à créer les personnages d’une série, on se demande généralement si le public va y adhérer. Je suis convaincu que le téléspectateur a apprécié la profondeur des émotions de nos personnages.

MEDIA +

Comment avez-vous vécu la montée en puissance de «La Casa de Papel» sur Netflix ?

ÀLEX PINA

Nous n’avions aucune attente sur le fait que «La Casa de Papel» allait devenir un phénomène mondial. Nous nous sommes juste beaucoup amusés à la créer. La série a été produite pour Antena 3 qui l’a diffusée en Espagne. Lors du lancement international fin 2017 sur Netflix (dans une soixantaine de territoires, ndlr), nous n’avions pas fait de campagne de communication. Personne n’y croyait vraiment. En février 2018, nous nous sommes rendus à un festival de séries en France et là, Netflix nous a appelés en nous disant: «C’est un succès exceptionnel». «La Casa de Papel» était devenue la série non anglophone la plus regardée de Netflix.

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Quel est votre état d’esprit aujourd’hui ?

ÀLEX PINA

Depuis, nous vivons ce succès avec beaucoup de légèreté et d’humilité. Nous sommes très fiers d’être aux côtés de fictions américaines de haute qualité qui ont dix fois plus de budget que nous. C’est une chose qui arrive une fois dans la vie. Nous en profitons.

MEDIA +

D’où vous est venue l’idée du scénario de «La Casa de Papel» ?

ÀLEX PINA

L’inspiration est issue de notre fascination du braquage parfait. Cela vient des séries américaines et des thrillers basés sur des paramètres masculins parfois assez violents. On souhaitait deux saisons très compactes. On a donc décidé de mettre en scène le braquage de la Maison de la Monnaie à Madrid, ce qui n’a jamais été fait. Esther Martinez (co-scénariste) et moi-même avons été inspirés par Quentin Tarantino et «Breaking Bad».

MEDIA +

Quel était le budget original ?

ÀLEX PINA

565.000 € en moyenne pour un épisode de 70’. Tous les chapitres ne valaient pas la même chose. On pouvait aisément monter à 590.000 €, notamment lors du chapitre 1.

MEDIA +

Avec la 3ème saison en cours de production, «La Casa de Papel» devient un «original» de Netflix. Qu’est-ce que cela change ?

ÀLEX PINA

Nous avons beaucoup plus de pression, d’autant qu’il y a des millions de fans qui attendent la suite. Quand Netflix nous a appelés pour commander une 3ème saison, on s’est demandé si nous aurions une bonne idée. Au bout de 2 mois, on a recontacté Netflix pour leur soumettre une idée. Ils nous ont répondu : «c’est merveilleux!». Sur les 2 premières saisons, nous voulions une fin déterminée. Sur la 3ème, les personnages auront changé et évolué, d’autant qu’ils sont millionnaires. Difficile pour eux de revenir dans la criminalité.

MEDIA +

A quoi s’attendre sur la 3ème saison ?

ÀLEX PINA

Après une première saison en 13 volets et une deuxième en 9 épisodes, on avait prévu de travailler la troisième saison sur le format espagnol de 18X70’. Puis nous avons réduit le nombre d’épisodes à 15, mais le format international correspond à 22 chapitres…. On verra bien ce qu’il en est. Nous voulons instaurer un nouveau compte à rebours pour captiver les téléspectateurs.

MEDIA +

Les deux premières parties avaient une construction en puzzle avec beaucoup de flashbacks et d’aller-retour, ce qui renforçait la narration. Allez-vous poursuivre cela ?

ÀLEX PINA

On ne peut pas trop en parler. Cependant, nous travaillons autour de la fragmentation du temps. Le public est expert en séries. On peut donc s’octroyer une grande liberté avec la notion de déconstruction du temps.