Alcatel-Lucent (Nokia) : le site de Nozay (Essonne) bloqué pour protester contre les suppressions de postes

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Les accès au site de Nozay (Essonne) d’Alcatel-Lucent, filiale de l’équipementier télécom finlandais Nokia, ont été bloqués lundi matin à l’appel de l’intersyndicale CFDT, CFE-CGC, CGT et CFTC pour protester contre le nouveau plan social qui prévoit 408 suppressions de postes, a-t-on appris de sources syndicales. Des militants et salariés se sont rassemblés à partir de 06h30 pour bloquer l’accès du site aux salariés d’Alcatel et Nokia, laissant passer ceux d’une autre entreprise installée sur le même périmètre, ont indiqué Frédéric Aussédat (CFE-CGC) et Claude Josserand (CGT). «Une quarantaine» de personnes ont lancé l’opération selon M. Josserand, avant d’être rejointes par d’autres. «150 à 200 personnes» au plus fort y ont participé selon M. Aussédat. Beaucoup de salariés ne sont pas venus travailler, selon les deux responsables syndicaux. Avec cette opération «Cité morte» à Nozay, «les salariés et leurs organisations syndicales veulent montrer leur écoeurement face à une politique de destruction systématique de l’emploi en France», souligne l’intersyndicale dans un communiqué. L’action est organisée à la veille d’une réunion du comité social et économique central (CSEC) qui va lancer formellement la procédure de plan de sauvegarde de l’emploi (PSE).Ce troisième PSE chez Alcatel-Lucent depuis son rachat début 2016 par Nokia a été annoncé mi-janvier. Il vise à nouveau tous les métiers support (administratif, finances, support clients…), avec la suppression de 354 postes à Nozay et de 54 postes à Lannion (Côtes-d’Armor). Intervenant alors que le précédent PSE est encore en cours, il fait craindre aux syndicats des départs «coercitifs», c’est-à-dire des licenciements, et non «volontaires».  «Le volontariat, on met vraiment des guillemets», a insisté M. Josserand, car «quand les gens sont harcelés toutes les semaines», ce ne sont pas des départs «volontaires». «Trois PSE, ça commence à bien faire. On veut défendre l’avenir du site», a déclaré M. Aussédat, qui a évoqué des salariés «désarçonnés». «L’avenir de Nokia en France, des télécoms en France, on n’y croit plus», a-t-il ajouté, en soulignant que «même si la R&D (recherche et développement) n’était pas touchée» par le PSE, «il n’y a plus de management décisionnaire en France» pour cette activité, donc «on ne pèse plus sur les décisions d’orientation».