France Médias Monde lance une nouvelle offre d’information de RFI en arménien, 100% numérique et diffusée sur les réseaux sociaux. L’occasion pour media+ d’évoquer cette offre et la composition des équipes avec Astrig AGOPIAN, Rédactrice en chef de RFI.
media+
Lancement de RFI en arménien. Comment a été imaginée cette offre ?
Astrig AGOPIAN
L’idée de lancer RFI en arménien est apparue peu après l’annonce, en mars 2025, par l’administration Trump, du désengagement des États-Unis de leurs médias internationaux. À la suite de cette décision, la présidente de France Médias Monde, Marie-Christine Saragosse, a rencontré son homologue de Deutsche Welle afin d’établir une cartographie des langues de diffusion que nous proposions, ou non, dans des pays à forts enjeux, caractérisés par un accès restreint à une presse libre, une forte exposition aux manipulations de l’information et la tenue d’échéances électorales. Ce projet a été structuré sous le nom de «Bouclier pour l’information» et a été retenu dans les conclusions du Conseil des ministres franco-allemand d’août 2025. RFI en arménien a été mis en place aussi rapidement que possible dès l’obtention de l’accord européen, avant les élections législatives du mois de juin, avec toutefois l’ambition d’inscrire cette initiative dans la durée.
media+
Avec RFI en arménien, quelle est l’offre proposée ?
Astrig AGOPIAN
Nous parlons de l’actualité du pays et de tout ce qui impacte la jeunesse arménienne. Donc de sujets de société, économiques, culturels… mais aussi de géopolitique et d’international. Tous ces thèmes seront traités par une équipe elle-même dans la tranche d’âge de l’audience visée (18-35 ans). RFI en arménien est diffusée sur les réseaux sociaux (Instagram, TikTok et Facebook dans un premier temps) pour proposer une information fiable et des contenus adaptés aux jeunes: des reportages, des décryptages, du fact-checking, des portraits, des reels, des sondages, des quiz …
media+
Quels constats avez-vous faits sur les usages informationnels des jeunes Arméniens ?
Astrig AGOPIAN
Les médias traditionnels ont été délaissés par le public arménien et notamment par les jeunes, parce que trop polarisés, perçus comme pas assez fiables ou très classiques. En revanche, les jeunes Arméniens sont ultra connectés et très présents sur les réseaux sociaux. C’est là qu’ils s’informent, mais aussi… qu’ils font face à la désinformation.
media+
Comment est composée l’équipe de RFI en arménien ?
Astrig AGOPIAN
La rédaction arménophone est basée au siège de France Médias Monde à Issy-les-Moulineaux. Elle compte huit journalistes, arméniens originaires d’Arménie, du Haut-Karabakh, de Turquie et de France. Nous accueillons cet été une jeune stagiaire arménienne du Liban, étudiante à l’école de journalisme de Sciences Po. Et nous travaillons avec plusieurs correspondants sur le terrain en Arménie, à Erevan et dans d’autres régions. Cette rédaction a été formée en un temps record grâce au savoir-faire des équipes de France Médias Monde et de ses connexions dans la région : environ deux mois ont suffi à recruter et former les journalistes avant le lancement de l’offre.
media+
Ces équipes seront-elles en synergie avec la rédaction globale ?
Astrig AGOPIAN
Nous collaborons avec les équipes de FMM de plusieurs manières. Sur le fact-checking et l’investigation numérique, nous travaillons notamment avec la cellule «InfoVérif» de RFI et les Observateurs de France 24, dont l’expertise est précieuse. Nous échangeons également régulièrement avec les autres services de RFI et de France 24, que ce soit pour récupérer, traduire et adapter certains de leurs reportages et contenus en arménien, ou partager les nôtres. Tous ces échanges nous permettent de produire une information indépendante et vérifiée sur l’Arménie et sa région, mais aussi de donner accès au public arménophone à toute la production internationale des médias de FMM.






























