Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a estimé mercredi que le peu de place accordé par les chaînes de télévision aux non-blancs dans leurs programmes était «inacceptable», et les a menacées de mesures contraignantes pour les forcer à s’ouvrir à davantage de diversité. Le président du CSA Michel Boyon, qui a rendu publics dans une conférence de presse les résultats d’une étude commandée par le CSA sur la «diversité» dans les médias audiovisuels, a jugé ces résultats «inacceptables» et «intolérables dans la France de 2008». Pour sa part, Alain Méar, membre du Conseil et vice-président de l’Observatoire de la diversité que le Conseil a créé en son sein, a souligné que la visibilité des non-blancs dans les médias audiovisuels n’avait progressé que de «1% en neuf ans», depuis la précédente étude réalisé en 1999. Il a jugé ce résultat «consternant» et «affligeant». Alain Méar a annoncé à cette occasion que le CSA souhaitait créer un «baromètre de la diversité», dont les résultats seront publiés tous les six mois, le prochain devant intervenir de préférence à la fin du premier semestre 2009. Des réunions de travail sont également prévues avec les chaînes placées sous l’autorité du CSA, c’est-à-dire les chaînes de la télévision numérique gratuite et Canal+, à l’exception d’Arte et de la chaîne parlementaire qui ne relèvent pas directement de son autorité. Les diffuseurs devront prendre une série d’engaments «chiffrés» et publics. Enfin, en cas de non-respect de ces engagements, le CSA n’exclut pas le recours à un instrument juridique «plus contraignant», éventuellement assorti «d’un dispositif de sanctions».



































