Entretien avec… Nicole Patin, ex-directrice des fictions de France 3

A l’occasion du Festival International de Luchon, Nicole Patin, ex-directrice des fictions de France 3 explique à media+ pourquoi il est nécessaire aujopurd’hui pour les fictions françaises de se délocaliser.

média+ : Qu’êtes-vous venue cherché au Festival Intrenational de Télévision de Luchon?

Nicole Patin : Je suis venue voir tous les producteurs, les acteurs qui représentent la fiction aujourd’hui. La programmation est très interessante cette année, on y trouve des programmes de qualité. Il est aussi important pour nous de voir ce que les autres chaînes présentent.

média+ : «Plus belle la vie» est une des fictions à l’honneur de ce Festival, c’est un exemple de délocalisation réussie. Pouvez-vous nous en dire plus?

Nicole Patin : Il y a quelques années, Marseille a voulu créé un pôle média. Lorsque France 3 a fait son appel d’offre pour «Plus belle la vie», nous voulions que ce soit dans le sud de la France, vu les conditions météorologiques plutôt avantageuses, cela nous permettait d’optimiser les tournages extérieurs. Le feuilleton, nous l’avons envisagé avec les moyens que nous avions. Je pense que la fiction française doit se délocaliser. De plus en plus de tournages se font en région car les financements régionaux sont de plus en plus importants. En plus, tourner en province fait développer l’économie de la région, sur un budget global de 23 millions d’euros que nous avons pour «Plus belle la vie», 60% reviennent à la région. L’exemple le plus récent est le tournage de la nouvelle série de France 2 «Les cinq soeurs» qui reprend le principe de «Plus belle la vie» et qui se tourne à Nice. Je pense que la delocalisation est une chance pour la fiction française qu’il ne faut pas négliger.

média+ : Comment la fiction française pourra-t-elle sortir de la crise qu’elle traverse actuellement?

Nicole Patin : Aujourd’hui personne n’est content car les salaires des comédiens principaux sont trop élevés, les locations des lieux de tournage ne cessent d’augmenter et tout ceci rend les productions très lourdes. Nous avons un problème de financement ceratin. Les feuilletons américians ont donné de nouvelles habitudes aux téléspectateurs, ce qui a provoqué un véritable raz-de-marré. Aujourd’hui, il faut trouver de nouveaux héros pour la fiction française. Ça fait 10 ans que la France vit sur ses anciens héros comme «Julie Lescaut» ou encore «Louis la Brocante». De plus, nous avons de nouvelles obligations de travailler très en amont et de penser au marketing. Les Américains savent faire de la fiction, ils ont les moyens pour. Il faut que la France trouve ses propres marques sans copier ce qu’ils font car il ne faut pas se leurer, nous sommes loin derrière eux.

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