Les salariés du Monde ont observé lundi une grève historique contre le plan de redressement annoncé par la direction du groupe, refusant que les suppressions d’emplois envisagées se fassent par des départs contraints et exigeant l’abandon des projets de cession de magazines. Pour la première fois pour des raisons internes, les journalistes du Monde ont posé leur stylo, entraînant la non-parution du journal daté de mardi. Le personnel du monde.fr s’est opposé à ce que le site soit alimenté par des articles de leurs confrères du journal. Selon les syndicats, une quinzaine de salariés de cette filiale du Monde ont cessé également le travail. A l’appel des syndicats nationaux de journalistes, une centaine de personnes se sont rassemblées en fin de matinée devant le siège du Monde. «C’est un moment exceptionnel, grave», «à la mesure de l’ampleur de la décision que je suis amené à prendre pour redresser à la fois ce journal et ce groupe», a déclaré à l’AFP-TV le président du directoire du Monde, Eric Fottorino. Il s’est cependant dit «déterminé» à mener le plan de redressement à bien, martelant que l’»indépendance (était) à ce prix». Confrontée à sept exercices consécutifs de pertes et à un lourd endettement, la direction a dévoilé le 4 avril une série de mesures d’économies visant à rétablir l’équilibre du quotidien et de ses suppléments à échéance 2010.
































