La chanteuse Yama Séga et l’influenceuse Maya La Solution, qui s’étaient mutuellement insultées sur les réseaux sociaux en Guinée et avaient provoqué un tollé, ont été condamnées lundi à deux ans de prison avec sursis et des amendes pour plusieurs infractions liées à l’usage des réseaux sociaux.
Le tribunal les a reconnues coupables de «production, diffusion et mise à disposition de données de nature à troubler l’ordre public, la sécurité publique ou à porter atteinte à la dignité humaine, par le biais d’un système informatique».
Elles ont également été déclarées coupables «d’expressions outrageantes et méprisantes, et d’allégations portant atteinte à l’honneur et à l’intégrité de personnes ou de groupes», et ont été condamnées chacune à verser 40 millions de francs guinéens (3.850 euros).
Dans la foulée des échanges par vidéos interposées entre les deux femmes, les réseaux sociaux avaient été restreints pendant quelques jours en Guinée la semaine dernière, bien que les autorités n’eurent pas officiellement évoqué ces restrictions ni l’altercation virulente entre la chanteuse et l’influenceuse.
Ces restrictions d’accès à Facebook, Messenger, YouTube et Tik Tok avaient été levées vendredi, dans ce pays d’Afrique de l’Ouest dirigé d’une main de fer par le général Mamadi Doumbouya. Face au tollé, les deux femmes s’étaient excusées publiquement auprès «du peuple de Guinée». La chanteuse et l’influenceuse ont également désormais interdiction de publier sur les réseaux sociaux ou tout autre système informatique pendant une durée de deux ans, hors publications strictement liées à leurs activités professionnelles.
Le procureur Kanfory Ibrahima Camara avait dénoncé plus tôt lors de l’audience un comportement qu’il a jugé «attentatoire aux moeurs» et à «l’ordre public». Il avait déploré une dérive sur les plateformes numériques en Guinée.
Selon lui, la notoriété des deux prévenues a aggravé la portée de leurs actes. «Ce qui s’est passé est inimaginable, impensable. Les réseaux sociaux sont devenus un lieu pour faire passer sa folie. La sensibilité du public a été heurtée par ces propos. Elles doivent savoir qu’en Guinée, on ne fait pas ce qu’on veut; on a nos moeurs, nos coutumes», a estimé le procureur.
Arrivé au pouvoir par un coup d’État en septembre 2021, Mamadi Doumbouya a été élu à la tête du pays lors d’une présidentielle sans opposant d’envergure en décembre dernier. Depuis le coup d’État, une chape de plomb s’est abattue sur le pays.



































