Reconnaissance faciale : un Britannique débouté face à la police de Londres

Reconnaissance faciale : un Britannique débouté face à la police de Londres
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Un Britannique identifié à tort comme suspect par des caméras de reconnaissance faciale en temps réel de la police de Londres a perdu mardi son recours en justice contre le déploiement de cette technologie, de plus en plus massif au Royaume-Uni.

La Haute Cour de Londres a estimé dans son jugement que l’utilisation de ces caméras dites de «LFR» (Live facial recognition) par la Metropolitan Police était conforme aux lois protégeant les droits humains, avec des «garanties adéquates contre les abus» et un déploiement qui n’est pas «arbitraire».

Ces dernières années, la police de Londres a démultiplié son recours à cette technologie, qui permet de scanner les visages des passants se rendant à des évènements – carnaval, match de football, concert – et de comparer leurs données biométriques avec celles des milliers d’individus recherchés.

En février 2023, Shaun Thompson avait été interpellé pour un contrôle d’identité dans le centre de Londres, après avoir été identifié à tort comme un suspect par l’une de ces caméras – souvent placées sur le toit d’un van de police, et désormais installées de façon permanente dans certains quartiers à forte criminalité.

«Plus son usage est répandu, plus des innocents comme moi risquent d’être criminalisés», s’est inquiété ce Britannique mardi. Il a annoncé son intention de faire appel avec sa co-plaignante Silkie Carlo, responsable de l’organisation de défense des libertés civiles Big Brother Watch. «Il s’agit d’un moment crucial pour défendre les droits des citoyens face à une technologie de surveillance dystopique», a-t-elle réagi.

«Ce jugement confirme que la Met police agit légalement, et a raison d’utiliser les meilleurs technologies modernes pour réduire la criminalité», s’est félicité son chef Mark Rowley, cité dans un communiqué.

Le Royaume-Uni est le seul pays européen à avoir déployé à grande échelle cette technologie en temps réel, alors que l’Union européenne a interdit son recours à quelques exceptions près, dont la lutte antiterroriste.

La police londonienne affirme qu’il s’agit de «l’une des plus grandes avancées pour le maintien de l’ordre», et a indiqué mardi avoir arrêté quelque 2.100 personnes grâce à elle depuis début 2024.

Les visages de trois millions de personnes ont été scannés l’an dernier, avec «12 fausses alertes, dont aucune n’a conduit à une arrestation», a-t-elle assuré. La ministre en charge de la police, Sarah Jones, s’est félicité de ce jugement, soulignant que le gouvernement déployait «la reconnaissance faciale dans tout le pays, avec des investissements records».

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