La radio indépendante russe Ekho Moskvy annonce son auto-dissolution après son interdiction d’antenne par les autorités

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La radio indépendante russe Ekho Moskvy (Echo de Moscou), figure historique du paysage médiatique russe, a annoncé jeudi son auto-dissolution, après son interdiction d’antenne par les autorités du fait de sa couverture de l’invasion de l’Ukraine.
«La majorité du conseil d’administration d’Ekho Moskvy a pris la décision de dissoudre la radio et le site internet d’Ekho Moskvy», a écrit sur son compte Telegram son rédacteur en chef, Alexeï Venediktov.Les autorités avaient bloqué mardi l’accès à Ekho Moskvy et à la chaîne de télévision indépendante en ligne Dojd, leur reprochant leur façon de couvrir l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
Le Kremlin a préféré se distancier de la décision. «C’est une décision de l’actionnaire, une décision du propriétaire», a affirmé le porte-parole de la présidence russe Dmitri Peskov, lors d’un point de presse jeudi.
«La radio a violé la loi», a estimé M. Peskov, soulignant que le Parquet général avait tout à fait «le droit de prendre des mesures appropriées, surtout pendant l’opération spéciale qui se déroule en Ukraine».
Les médias russes ont reçu l’interdiction d’utiliser des informations autres que celles fournies par les autorités, qui présentent l’invasion de l’Ukraine comme une simple «opération spéciale». Parallèlement, le pouvoir prépare un durcissement de son arsenal répressif. Un projet de loi, qui prévoit jusqu’à 15 ans de prison pour toute publication de «fake news» concernant l’armée russe, sera examiné vendredi à la Douma.
La Russie est régulièrement présentée par les ONG comme l’un des pays les plus restrictifs au monde en matière de liberté de la presse.
Le pays a ainsi obtenu la 150e place sur 180 au dernier classement mondial sur la liberté de la presse établi par l’ONG Reporters sans frontières.
De nombreux médias indépendants ont été désignés par les autorités «agents de l’étranger», une étiquette infamante qui vise à les discréditer aux yeux des annonceurs et du public, et à compliquer leur travail avec des formalités administratives écrasantes.
Ekho Moskvy, majoritairement détenue par le géant gazier Gazprom, est née en 1990 lors des dernières convulsions de l’Union soviétique, s’imposant comme l’un des médias les plus respectés du pays. Elle était jusqu’à cette semaine l’un des rares endroits où des opposants pouvaient s’exprimer. Son rédacteur en chef, M. Venediktov, cultivait aussi des relations avec le Kremlin.