Le Puy-du-Fou sort en salles mercredi son 1er long-métrage 

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La sortie en salles mercredi du premier long-métrage produit par le Puy-du- Fou, à la gloire de la contre-révolution et du royalisme, co-distribué par un spécialiste des films «chrétiens», témoigne des ambitions croissantes de ces acteurs dans le 7e art. 

«Vaincre ou Mourir» retrace en 01H55 le combat de François-Athanase Charette de La Contrie, dit «Charette», l’une des figures des guerres de Vendée lors de la Révolution, interprété par l’acteur Hugo Becker (l’agent André Merlaux dans la série «Au service de la France»). Le film, qui rêve de réunir 100.000 spectateurs, se veut à grand spectacle, avec de nombreuses scènes de combat contre les troupes républicaines qui n’hésitent pas à mater l’insurrection royaliste. «Vaincre ou Mourir» exalte la vertu d’un groupe de combattants qui se voient comme «les derniers remparts d’une royauté de 1.000 ans», comme l’énonce l’un des personnages à l’écran. Cette plongée dans le tumulte post-révolutionnaire est un galop d’essai pour les ambitions cinématographiques du Puy du Fou, le parc d’attraction vendéen réputé pour ses fresques historiques, fondé par l’ancien homme politique souverainiste Philippe de Villiers. Son fils Nicolas de Villiers veut capitaliser sur le succès du parc aux deux millions de visiteurs annuels pour produire plusieurs films «à grand spectacle, familiaux, à dimension internationale et qui ont en commun de s’inspirer de l’Histoire». Avec son budget de moins de 5 millions d’euros, «Vaincre ou Mourir» est inspiré du spectacle phare du parc et a été «à 95%» tourné sur le site, en période hivernale, avec ses chevaux et ses décors, un moyen d’optimiser le budget. «Ce sont des fictions historiques, pas des cours d’histoire», précise le dirigeant, même si «Vaincre ou Mourir» s’ouvre sur des interviews de personnalités présentées comme spécialistes de la période. «Nous n’avons pas de ligne politique», assure-t-il : «nous sommes des artistes, ce qui nous intéresse c’est de faire rêver les gens avec de belles histoires universelles». 

-«Problématiques conservatrices»- En ce qui concerne «Vaincre ou Mourir», la neutralité affichée est balayée par l’historien Guillaume Lancereau, co-auteur de l’ouvrage «Le Puy du Faux – Enquête sur un parc qui déforme l’histoire»: «le film porte une vision anti-républicaine, catholique et royaliste» de l’histoire, analyse-t-il, s’alarmant des prétentions «pédagogiques» du long-métrage auprès des enseignants notamment. En parlant d’une volonté «d’extermination» des Vendéens, en mettant en scène «les valeurs aristocratiques omniprésentes, la parole donnée et le sang versé» ou encore en présentant le peuple comme à la recherche d’un chef salvateur, le film propose une vision «politiquement orientée», explique-t-il. Une autre particularité de «Vaincre ou Mourir» est d’être distribué, en plus de StudioCanal (groupe Vivendi contrôlé par Vincent Bolloré), par Saje, petit acteur (11 salariés, 1,5 million d’euros de chiffre d’affaires) aux grandes ambitions en matière de «cinéma chrétien». Sa spécialité? Promouvoir des films «basés sur la foi» auprès des fidèles des paroisses, des écoles privées, (etc.). Saje a notamment distribué le dernier film de Gad Elmaleh, où il raconte son cheminement spirituel vers le catholicisme, ou le film anti-avortement «Unplanned», dont la diffusion sur C8 a fait polémique en 2021.