L’Autorité de la concurrence a jugé lundi possible l’utilisation croisée de bases de clientèles par Orange, une pratique jusque là réservée à Bouygues et SFR, tout en avertissant que les offres couplées de l’opérateur pouvaient présenter des risques pour la concurrence. Le «cross-selling», ou croisement de fichiers fixes et mobiles, permet à un opérateur de proposer à ses abonnés mobiles des offres Internet et inversement, une technique déjà utilisée par SFR et Bouygues. Ces deux opérateurs se sont appuyés avec succès sur cette pratique pour doper leurs ventes, notamment celles de leurs offres de couplage, combinant téléphonie mobile et «triple play» (Internet, télévision, téléphonie fixe).Orange plaidait pour pouvoir faire aussi du «cross-selling», une pratique qui lui était interdite parce qu’il était considéré en position dominante. L’Autorité de la concurrence, qui s’était autosaisie en décembre de cette question, a donné raison à Orange, estimant que le cross-selling «ne paraît pas, de prime abord, pouvoir distordre la concurrence à elle seule». L’institution considère que ces données «ont été acquises dans le cadre d’une compétition par les mérites», et qu’elles ne sont pas «privilégiées». Cette pratique ne paraît pas non plus avoir été déterminante dans l’évolution des parts de marché acquises par Bouyges et SFR, que l’Autorité attribue davantage à leurs tarifs attractifs. Toutefois, l’Autorité a averti que les offres de convergence proposées par Orange présentaient des risques pour la concurrence et qu’elles méritaient une attention au cas par cas.Elle estime que la multiplication de ces offres pourrait ainsi rendre plus onéreux les coûts de changement d’opérateur pour le consommateur, notamment du fait des durées longues d’engagement dans la téléphone mobile.
































