Le Sirti a profité de son Assemblée Générale annuelle, le mercredi 23 mai, pour plaider en la faveur d’une vraie place des radios indépendantes à l’heure du numérique. Pour Philippe Gault, le syndicat veillera à ce que la radio numérique, qui devrait voir le jour dans les années à venir, préserve et amplifie la diversité radiophonique.
média + : A présent que la norme T-DMB (Terrestrial Digital Multimedia Broadcasting) a été retenue, quelles seront les échéances en ce qui concerne la radio numérique ?
Philippe Gault : Le calendrier est un peu difficile à définir. Les expérimentations préalables au lancement de la radio numérique doivent démarrer au début de l’été jusqu’à la fin de l’année. Il n’est pas irréaliste d’imaginer que d’ici fin 2009, la radio numérique soit devenue un objet très à la mode.
média + : Initialement, la radio numérique aurait dû voir le jour début 2008, pourquoi un tel retard ?
Philippe Gault : Un certain nombre de conditions sont nécessaires avant. Il faut au préalable analyser les conditions de réception et la disponibilité des récepteurs de la radio numérique. Il faut également laisser le temps aux industriels de fabriquer ces récepteurs, ils ont besoin pour cela d’un certain nombre de données que seule l’expérimentation permettra d’établir. On peut, ensuite, estimer un délai de 18 à 24 mois avant que ces nouvelles gammes de produits soit commercialisées. C’est un délai long, certes, mais nécessaire et nous mettrons ce délai à profit pour répondre à un certain nombre de questions qui restent en suspend et qui se posent autour de l’arrivée de la radio numérique. Comme par exemple des questions d’ordre juridique et technique mais aussi des questions sur la composition des multiplex puisque avec la radio numérique, on n’aura plus une radio sur une fréquence mais un groupe de radios se partagera la même fréquence. Et comme dans tous les systèmes de copropriété, la qualité des copropriétaires est très importante pour la viabilité et la santé des multiplex. Ce sont des questions qu’il faut impérativement résoudre afin de pouvoir lancer sereinement la radio numérique.
média + : Qu’est ce que la radio numérique va modifier dans le paysage radiophonique ? Et quelle sera la place des radios indépendantes ?
Philippe Gault : La radio numérique va bouleverser le paysage radiophonique et plus encore pour les radios indépendantes. Déjà, en réduisant la disparité, car il y a des zones en France, où les radios indépendantes sont complètement absentes. C’est le cas par exemple de Rouen, il s’agit pourtant d’une grande ville et je pense que la radio numérique va permettre d’introduire non pas une mais plusieurs radios aussi bien régionales, nationales que thématiques indépendantes. Le numérique sera susceptible d’apporter des projets d’ouverture significatifs qui permettront à ces radios de toucher un public supplémentaire et de se développer. Les radios indépendantes seront, d’avantage, en mesure d’apporter un enrichissement et une diversité que les grands groupes radiophoniques nationaux qui préfèrent se développer dans d’autres métiers comme la télévision, Internet ou la téléphonie virtuelle et pour qui l’offre numérique semble moins intéressante.



































