Producteur, réalisateur, animateur de télévision, Serge Moati avait tracé dans son roman «Villa Jasmin» le portrait de son père, juif tunisien, journaliste, socialiste, résistant et indépendantiste, disparu quand il était enfant. Le réalisateur tunisien Férid Boughédir en a tiré un film plein de tendresse. «Je voulais être à la fois historiquement juste et poétiquement juste. Je voulais qu’il y ait de l’amour dans tout le film», assure Férid Boughédir, qui réalise ici son premier film pour la télévision, après deux longs métrages bien accueillis, «Halfaouine, l’enfant des terrasses» et «Un été à la Goulette». Moati salue un «émouvant travail de recréation». Il assure qu’il a découvert ce film avec un «mélange de plaisir et de souffrance». Selon lui, Boughédir a porté sur ses parents «un regard différent du mien, mais talentueux». La productrice Nicole Collet, d’Image et Compagnie, la société de production de Moati, explique qu’elle a cherché «un réalisateur qui ait une sensibilité méditerranéenne» pour adapter un roman, qui était «un hommage aux juifs tunisiens déportés». Boughédir assure qu’il s’est étonné de voir Moati lui proposer l’adaptation d’un ouvrage qu’il aurait pu réaliser lui-même. Mais, ajoute-t-il, «j’ai compris qu’il avait besoin de moi pour être le +go between+ entre lui et l’image de ce père vénéré, qu’il n’osait pas affronter».


































