L’Assemblée a adopté mardi la réforme de l’audiovisuel public, qui doit encore être votée mercredi au Sénat pour une adoption définitive mais le scrutin s’y annonce serré, au terme de plus de deux mois de débats très agités. Par 166 voix contre 75, les députés ont adopté le texte de la commission mixte paritaire (CMP, sept députés et sept sénateurs chargés de rédiger un texte commun), après une première lecture à l’Assemblée en décembre et au Sénat en janvier. L’UMP a voté pour, avec le soutien de 13 députés du Nouveau centre (NC), tandis que l’opposition de gauche (PS, Verts, PCF) a voté contre. En janvier, le texte n’avait été adopté que par 164 voix contre 153 au Sénat. L’ex-Premier ministre Jean-Pierre Raffarin s’était abstenu, de même qu’une dizaine d’UMP. Pour les téléspectateurs, la réforme, voulue par le chef de l’Etat, va se traduire par une hausse de la redevance, qui doit passer de 116 euros actuellement à 120 euros -au moins- en 2010. Depuis le 5 janvier, elle se traduit aussi par la suppression de la publicité sur France Télévisions entre 20h00 et 06h00, avant même l’entrée en vigueur de la loi, au grand dam de l’opposition de gauche. «Le fait d’avoir garanti le financement de l’audiovisuel public par des ressources publiques est un atout remarquable au moment où la crise se déploie sur le marché publicitaire», s’est félicité la ministre de la Culture Christine Albanel. A l’Assemblée, 13 députés du Nouveau centre ont voté le texte (quatre abstentions) alors que dix avaient voté contre en première lecture en janvier (six pour). Le NC estime avoir été entendu sur l’augmentation de la redevance. «Est-ce que deux euros de redevance valent deux sièges sur les listes UMP aux Européennes?», a ironisé le député Vert, François de Rugy. Le PS a de nouveau tiré à boulets rouges contre un texte qui organise, selon lui, «la soumission financière et politique» de la télévision publique. Le PS va saisir le Conseil constitutionnel, concernant entre autres la nomination du président de France Télévision par le chef de l’Etat avec avis du Parlement et du CSA.



































