F. PELLISSIER (Groupe TF1) : « La Coupe du Monde Féminine de Football sera un événement populaire exceptionnel »

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Dans moins d’un mois, la France vivra au rythme de la «Coupe du Monde féminine» de la FIFA 2019, un événement sportif pour lequel les chaînes du Groupe TF1 sont mobilisées du 7 juin au 7 juillet. 9 villes accueilleront l’événement : Paris, Nice, Rennes, Montpellier, Le Havre, Valenciennes, Reims, Grenoble et Lyon. Le groupe TF1 diffusera 25 rencontres en clair :  tous les matches de l’équipe de France, 6 huitièmes de finale, les 4 quarts de finale, les 1/2 finales, la petite finale et la finale. Rencontre avec François PELLISSIER, Directeur des Sports du Groupe TF1.

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La Coupe du Monde Féminine de Football bénéficiera-t-elle du même dispositif mis en place lors de la Coupe du Monde de Russie l’année dernière ?

FRANÇOIS PELLISSIER

Absolument ! Ce modèle avait très bien fonctionné. La Coupe du Monde Féminine de Football, nous l’avons achetée il y a trois ans et demi. On y croit beaucoup depuis le début. Nous sommes convaincus que la compétition sera un événement populaire exceptionnel. C’est pourquoi nous lui consacrons un dispositif important. On retrouvera après chaque match, «Le Mag de la Coupe du monde», avec Denis Brogniart et Nathalie Iannetta. TF1 diffusera par ailleurs, samedi 1er juin à 13h30, «Le moment de briller», un documentaire produit par Julie Gayet qui a suivi pendant plus de cinq mois, cinq joueuses de l’équipe de France dans leur quotidien. L’engouement est déjà bien présent autour de la compétition. Les stades se remplissent. Il y a également une forte attente de la part des annonceurs.

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Pourquoi ne pas diffuser tous les matchs de la compétition ?

FRANÇOIS PELLISSIER

Parce que nous faisons des choix, comme l’année dernière. Nous aurons les 25 meilleures affiches sur 52. C’est un ratio plus important que sur la Coupe du Monde Masculine (28 sur 64). Ça nous semble une très belle couverture. Tous les matchs de l’Équipe de France, comme la finale, seront diffusés sur TF1. Tous les autres matchs seront proposés sur TMC. La diffusion de cet événement s’inscrit dans notre stratégie multi-chaînes. C’est une opération que nous n’aurions pas pu faire de la même manière il y a quelques années. Aujourd’hui, avec la puissance d’une chaîne comme TMC, nous sommes capables de proposer ce type de configuration. 

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Vous êtes-vous fixé un objectif d’audience ?

FRANÇOIS PELLISSIER

Oui, nous en fixons toujours ! Même si nous avons plus de recul sur une Coupe du Monde Masculine, je suis convaincu que le match d’ouverture du 7 juin (France/République de Corée) au Parc des Princes, réalisera un énorme score en Prime. Ce sera le cas aussi pour tous les matchs de l’Équipe de France. 

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La Fédération a évoqué 12 M€ pour le prix d’achat de cette Coupe du Monde Féminine. Le risque financier est-il moins important que sur une Coupe du Monde Masculine ?

FRANÇOIS PELLISSIER

Je ne commente jamais les chiffres. Nous ferons les comptes à la fin. On essaie de maximiser les revenus autour de l’événement. Il est difficile de se projeter. Pour autant, les partenaires de l’Équipe de France sont très mobilisés.

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Pourquoi n’avez-vous pas suivi la logique d’un duo commentateur-commentatrice ?

FRANÇOIS PELLISSIER

On s’est posé la question. La logique voulait effectivement qu’un match de femmes soit commenté par une femme. Or, nous avons estimé que la meilleure équipe de commentateurs, nous l’avions déjà. Le duo Grégoire Margotton et Bixente Lizarazu suivra les matchs des Bleues, avec l’ancienne internationale Camille Abily pour les interviews en bord de terrain. Quant à la deuxième équipe, elle est composée de Christian Jeanpierre et de Sabrina Delannoy.

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Au niveau technique, la couverture de la compétition est-elle la même qu’en Russie ?

FRANÇOIS PELLISSIER

Oui, nous la traitons exactement de la même manière. Tout est capté en 4K. Nous serons dans tous les stades, les commentateurs également. Sur les matchs de l’Équipe de France, nous aurons des caméras sur le bord de terrain, mais aussi en extérieur pour suivre les supporters français.

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Quels seront les prochains sports auxquels vous allez vous intéresser ? 

FRANÇOIS PELLISSIER

Le sport reste un genre très puissant en TV car il se consomme en live. C’est important pour nous de continuer à les proposer. Nous essayons de renforcer l’offre sportive dans un contexte qui doit toujours être raisonnable financièrement. Les prix ont beaucoup augmenté. Nous avons réussi depuis 3-4 ans à diversifier notre portefeuille. Nous avons conclu un accord avec le handball et le championnat du monde jusqu’en 2025. Nous possédons la Coupe du Monde de Rugby, la Formule 1, le Super Bowl. Cette année, nous diffusons 4 Coupes du Monde. Deux masculines avec le handball et le rugby, respectivement en janvier et en septembre. Et deux féminines avec le football en juin, et le handball en décembre.

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Une compétition comme la Ligue des Champions aurait-elle pu vous intéresser ?

FRANÇOIS PELLISSIER

Tant qu’il y aura une compétition aussi forte sur les droits de la Ligue des Champions, cela restera assez inaccessible pour nous. Je rappelle que la Champions League et L’Europa League, c’est plus de 350 M€. A titre de comparaison, notre coût de grille pour faire fonctionner 5 chaînes, c’est 990 M€. On répond assez vite à la question. Il est dommage de priver les téléspectateurs français de grands rendez-vous. Il est important de préserver le sport en clair, sans casser pour autant le modèle économique car le sport est un marché qui a besoin de l’argent des opérateurs payants. Il faut trouver le bon équilibre.