Huawei: Londres pointe de «nouveaux risques» pour les réseaux de télécommunication

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Londres a pointé jeudi les «nouveaux risques» que ferait peser Huawei sur la sécurité des réseaux de télécommunications du Royaume-Uni, renforçant la pression sur le géant chinois soupçonné d’espionnage.Selon un rapport du comité de surveillance du centre d’évaluation de cybersécurité de Huawei (HCSEC), un organe piloté par le gouvernement britannique, «d’autres problèmes techniques ont été identifiés dans le processus d’ingénierie de Huawei, entraînant de nouveaux risques pour les réseaux de télécommunications britanniques».

De plus, «aucun progrès important n’a été fait par Huawei pour remédier aux problèmes rapportés l’année dernière», souligne le comité dans son cinquième rapport annuel. En conclusion, celui-ci «ne peut complètement assurer que tous les risques concernant la sécurité nationale britannique liés à la participation de Huawei dans les réseaux les plus sensibles peuvent être réduits à long terme de façon satisfaisante». Le HCSEC a été créé en 2010, après un accord entre Huawei et le gouvernement britannique. Pour ce dernier, l’objectif est de «disposer de connaissances sur la stratégie et les produits de Huawei au Royaume-Uni». Interrogé, un porte-parole du géant chinois des télécommunications a déclaré que l’entreprise comprenait les inquiétudes soulevées dans le rapport et qu’elle les prenait «très au sérieux». «Un plan de haut niveau a été développé pour le programme de transformation et nous continuerons à travailler avec les opérateurs britanniques et le NCSC (le service de renseignement britannique pour la cybersécurité, ndlr) durant sa mise en oeuvre», a-t-il poursuivi en rappelant qu’un budget d’environ 2 milliards de dollars avait été attribué à ce programme. Du fait de son avance technologique, le géant chinois Huawei est devenu un leader incontestable de la technologie 5G, future génération ultrarapide de l’internet mobile. Mais ses équipements sont soupçonnés de permettre à Pékin d’espionner les communications des pays qui les utiliseraient, les lois chinoises obligeant les groupes dont le siège social est en Chine à apporter une aide technique aux services de renseignements. Les Etats-Unis ont exclu Huawei du déploiement de la 5G sur leur sol et interdit aux administrations l’achat de ses produits et services. Ils tentent, depuis, de convaincre leurs alliés occidentaux d’en faire autant. Huawei nie pour sa part ces allégations. Il y a dix jours, le chef de la diplomatie chinoise Wang Yi a fustigé à Bruxelles les attaques «anormales et immorales» contre le groupe. Au même moment, l’Allemagne a lancé les enchères pour l’octroi des chantiers de sa future 5G, en refusant de bannir les équipementiers chinois comme Huawei, au risque de déplaire à l’allié américain. L’ambassadeur américain Richard Grenell a adressé une lettre au ministre allemand de l’Economie Peter Altmaier, proche d’Angela Merkel, pour lui signifier que le partage d’informations confidentielles pourrait être revu si Berlin ne bannissait pas les Chinois de son internet ultra-rapide. La chancelière Angela Merkel a déclaré vouloir «n’exclure aucun entrepreneur ou acteur» de la 5G, tout en annonçant l’inscription dans la loi allemande d’exigences accrues en terme de sécurité des réseaux. «Nous donnons à chacun sa chance, mais bien sûr sans être naïf, nous voyons bien que les lois en Chine sont très différentes des nôtres», a ajouté la chancelière lors d’une conférence de presse en marge d’un sommet économique à Berlin.Mardi, la Commission européenne a présenté un plan pour sécuriser le développement de la 5G, sans pour autant bannir directement les groupes chinois.