Le média indépendant Rue89Lyon, poursuivi en diffamation par le candidat à la mairie de Lyon Jean-Michel Aulas et son fils après un article sur leurs investissements en Floride, a été relaxé mardi. «Les propos poursuivis ne contiennent pas d’allégation diffamatoire», a jugé le tribunal correctionnel de Lyon, en condamnant Jean-Michel et Alexandre Aulas à verser 3.369 euros aux journalistes de Rue89Lyon pour rembourser leur frais de justice. «C’est une victoire pour la liberté de la presse», a réagi le directeur de la publication de Rue89Lyon, Pierre Lemerle, à l’annonce du délibéré. Le tribunal a envoyé «un double message», a-t-il poursuivi: «l’un aux journalistes en leur disant «Vous êtes libres de faire ce métier», l’autre aux politiques et hommes d’affaire (…) «Arrêtez de tenter de faire taire la presse»». «À ce stade, nous ne faisons aucun commentaire. Nous ne disposons pas des motivations de la décision», a commenté l’équipe de campagne de l’ancien patron de l’OL, qui «n’exclut aucune option» concernant un potentiel appel. Le groupe Holnest, contrôlé par Jean-Michel Aulas, avaient porté plainte pour diffamation après la publication en octobre 2023 d’un article sur un investissement fait par le groupe familial aux Etats-Unis. L’enquête intitulée «La famille Aulas s’envole en jet privé vers des paradis fiscaux» était centrée sur la société américaine Embassair, spécialisée dans l’accueil de jets privés de luxe en Floride, cofondée par Jean-Michel Aulas. Lors de l’audience le 18 novembre, les avocats de l’homme d’affaires avaient dénoncé l’utilisation de certains termes – «Sociétés offshore», «poupées russes», «écran de fumée» – visant selon eux à «insinuer que M. Aulas fait de l’évasion fiscale». L’avocat de Rue89 avait pour sa part dénoncé une «procédure abusive», estimant que les journalistes avaient fait leur travail en posant des questions. Le média avait été soutenu par le Syndicat national des journalistes (SNJ), qui a qualifié cette plainte de «procédure-bâillon», visant «à museler les journalistes». L’équipe de campagne du maire écologiste sortant Gregory Doucet, loin derrière Jean-Michel Aulas dans les sondages, avait apporté sa «solidarité» aux journalistes de Rue89.



































