LCI (groupe TF1), chaîne diffusée en clair depuis avril, qui s’est hissée à 0,6% de part d’audience grâce au succès d’Yves Calvi et à la grève chez iTELE, espère atteindre 1% en 2018 et se classer N°2 des chaînes d’information, a expliqué lundi son directeur Thierry Thuillier.
«LCI a 50.000 à 55.000 téléspectateurs par quart d’heure moyen, contre 20.000 fin août et 40.000 avant la grève d’iTELE» (en novembre), a précisé M.Thuillier devant l’Association des journalistes médias. Elle n’en comptait que 13.000 avant son passage en clair.
«La rentrée est un succès, nous avons été portés par l’actualité politique», s’est-il félicité. «La grève à iTELE a eu un effet, mais ce n’était pas le seul, et, depuis le retour partiel d’iTELE à l’antenne, nous sommes restés à peu près au même niveau. J’espère bien que ça va continuer avec la présidentielle».
Autre moteur, le succès d’Yves Calvi (18H00-20H00), qui rassemble 250.000 téléspectateurs par quart d’heure, contre 80.000 la première semaine, et qui réussit des pointes à 500.000. M. Thuillier cherche d’ailleurs pour la tranche 10H00-12H00 une autre «tête d’affiche» capable de mobiliser les audiences.
Pour 2018, LCI vise un point d’audience -score d’iTELE avant la grève-, ce qui sera proche du «point d’équilibre» financier pour cette chaîne de 150 journalistes. «Je reste prudent car le public des chaînes d’info est très volatil», a souligné M. Thuillier. Autres handicaps, l’interdiction de toute promotion de la chaîne par TF1 et l’attribution sur la TNT du canal 26, loin des canaux 15 et 16 de BFMTV et iTELE.
Côté internet, il vise 10 millions de vidéos vues par mois, contre 9 millions actuellement sur le site né de la fusion des sites MyTF1 News, Metronews et LCI. Quelque 40% du trafic viennent de Facebook.
Interrogé sur la couleur politique de la chaîne, M. Thuillier a répondu que LCI n’avait «pas de parti pris». «Nous ne sommes pas dans le modèle américain, avec par exemple une chaîne proconservateur. Cela n’existe pas en France», a-t-il jugé, se disant «très libre à LCI».
«Chez iTELE, c’est du gâchis», a commenté M. Thuillier à propos de la filiale de Canal+, qu’il a dirigée en 2008.
«Ce que j’ai vu est le symbole des nouvelles relations entre un actionnaire et des rédactions. Avant, on disait qu’il ne fallait pas toucher aux journalistes. Aujourd’hui, on y touche sans aucun état d’âme et avec beaucoup de brutalité», a estimé l’ex-directeur de l’information de France Télévisions.



































