Burundi : la journaliste Sandra Muhoza libérée provisoirement après plus d’un an de détention

Burundi : la journaliste Sandra Muhoza libérée provisoirement après plus d’un an de détention

Une journaliste burundaise détenue depuis avril 2024 et condamnée en janvier à quatre ans de prison ferme a été remise ce mercredi 4 mars 2026 en liberté provisoire, a-t-on appris auprès de ses proches, d’une source judiciaire et d’un de ses avocats.

Sandra Muhoza, qui travaille pour le média en ligne La Nova Burundi, avait comparu devant le tribunal de Ngozi (Nord) le 19 décembre dernier.

Elle était apparue très affaiblie et marchant à l’aide d’une béquille. Un proche avait indiqué qu’elle souffrait d’une hernie discale.

Elle avait néanmoins été condamnée à quatre ans de prison pour «atteinte à l’intégrité du territoire national et aversion raciale», avait alors indiqué l’un de ses avocats.

Le parquet de Ngozi a autorisé sa mise en liberté provisoire dans une ordonnance écrite le 27 février.

Une libération devenue effective mercredi après-midi, ont indiqué ses proches, une source judiciaire et l’un de ses avocats. Selon la source judiciaire, Mme Muhoza a ensuite regagné son domicile.

La journaliste a été condamnée pour des informations qu’elle avait partagées sur un groupe privé WhatsApp, selon l’ONG Reporters sans frontières (RSF), qui avait dénoncé dans un communiqué une «peine très sévère» et des «accusations forgées de toutes pièces». Les accusations portaient, selon l’organisation, sur un message où elle «s’est fait l’écho d’une information relative à une distribution d’armes par le gouvernement».

La condamnation de la journaliste «montre les intentions réelles des autorités judiciaires: continuer à considérer le journalisme comme un crime», avait dénoncé Reporters sans frontières, soulignant que Mme Muhoza est la seule femme journaliste arbitrairement détenue en Afrique subsaharienne.

Initialement, la journaliste avait été condamnée par le tribunal de grande instance de Mukaza (Bujumbura) fin 2024 à un an et neuf mois de prison.

La cour d’appel de Bujumbura avait ensuite annulé cette décision en mai 2025 et renvoyé l’affaire devant le tribunal de Ngozi, où l’infraction avait été prétendument commise, a précisé son avocat.

Le Burundi pointe au 125e rang (sur 180 pays) du classement de la liberté de la presse de Reporters sans frontières.

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