Le film «Docteur Sleep» le (Kubrick) en salles cet automne

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Près de quarante ans après la sortie de «Shining», les couloirs sanglants de l’hôtel Overlook continuent de donner des cauchemars aux amateurs de films d’horreur. Et ils reprennent du service cet automne pour «Doctor Sleep», suite du film de Stanley Kubrick là encore tirée d’un roman de Stephen King. L’adaptation de l’oeuvre publiée en 2013 a également troublé le sommeil du réalisateur Mike Flanagan car Stephen King a notoirement détesté la version de Kubrick, qui avait pris de grandes libertés avec l’intrigue et les protagonistes. Et Mike Flanagan a beaucoup transpiré pour parvenir à concilier leurs deux visions pour en tirer une suite cohérente, a-t-il expliqué à des journalistes en présentant la bande-annonce. «C’était profondément terrifiant», a assuré le cinéaste, affirmant qu’obtenir la bénédiction du romancier, surnommé le «roi de l’horreur», avait constitué «le moment le plus angoissant» de sa carrière. «En se lançant, on avait l’espoir qu’il existait un espace où Stephen King et l’héritage de Stanley Kubrick pouvaient se retrouver», a-t-il dit, évoquant toutefois les «ulcères» de son équipe durant les deux années du projet. La bande-annonce présentée à la presse spécialisée reprend des images étrangement familières du film de Stanley Kubrick, comme le jeune Danny Torrance en train de sillonner les couloirs de l’hôtel hanté sur son tricycle. Le producteur Trevor Macy a expliqué comment chaque scène culte avait été méticuleusement reconstituée pour «Doctor Sleep», bien que celle où les portes de l’ascenseur libèrent un flot de sang ait été extraite directement des images tournées par Kubrick. Dernière référence choc à «Shining»: la bande-annonce s’achève sur Ewan McGregor, qui campe un Danny devenu adulte, regardant au travers d’une porte défoncée à la hache. Un coup de chapeau aux scènes mémorables jouées par Jack Nicholson. 

Vieux démons : Obtenir le feu vert de Stephen King n’aura pas suffi à dissiper les angoisses de l’équipe du film. Car dans la suite de «Shining», l’écrivain «a sciemment et délibérément ignoré tout ce que Kubrick avait changé», par exemple en réutilisant des protagonistes qui avaient péri dans la version cinématographique, a relevé M. Flanagan. Chez les nouveaux personnages, on note l’arrivée d’Abra, une jeune fille qui possède encore davantage de pouvoirs surnaturels que Danny. Les producteurs ont auditionné quelque 900 jeunes actrices pour ce rôle, sélectionnant finalement l’Américaine Kyliegh Curran, au détriment de vedettes plus confirmées. Dans «Doctor Sleep», Abra et Danny font équipe pour lutter contre une bande de méchants surnaturels qui ont pour proies ceux qui possèdent des dons «shining». Ce faisant, Danny est contraint d’affronter les vieux démons qui remontent à son séjour à l’hôtel Overlook lorsqu’il était enfant. Comme le premier volet, le film –qui sort en salles le 30 octobre– cherche à effrayer les spectateurs en accumulant les tensions et en créant «une atmosphère suffocante», plutôt qu’en jouant sur les habituels «effets de surprise» des films d’horreur, souligne Mike Flanagan. «Nous avons mis en oeuvre beaucoup des leçons que Kubrick nous a enseignées sur la façon de faire un thriller psychologique», dit le réalisateur, qui jure par ailleurs que son film est «farouchement protecteur» du texte original de Stephen King.