Mondial-2022: hacking de personnalités afin de protéger la réputation du qatar

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FILE PHOTO: Soccer Football - FIFA World Cup Qatar 2022 Preview - Doha, Qatar - November 5, 2022 General view of fans ahead of the FIFA World Cup Qatar 2022 REUTERS/Ibraheem Al Omari/File Photo

 Des journalistes, des avocats ou encore l’ancien patron du foot européen Michel Platini et une sénatrice française ont été les cibles de hackers embauchés afin de protéger la réputation du Qatar dans le cadre de l’organisation du Mondial de football 2022, révèle une enquête publiée dimanche dans le Sunday Times. Ces personnalités ont été visées pour leurs enquêtes ou leurs prises de positions critiques sur l’attribution et l’organisation de la Coupe du monde par le Qatar, qui doit débuter le 20 novembre, sur fonds d’appels au boycott de la compétition. Le pays est notamment mis en cause pour le traitement des travailleurs sur les chantiers liés à la compétition ou le respect des droits des femmes et des personnes LGBT. Parmi les cibles de ces hackers se trouvent notamment des journalistes, comme celui du Sunday Times Jonathan Calvert, qui avait enquêté sur les manoeuvres de corruption ayant mené à l’attribution de la Coupe du monde au Qatar en 2010, une sénatrice française, Nathalie Goulet, qui avait accusé le Qatar de financer le terrorisme islamique, ou l’avocat américano-hongrois Mark Somos ayant déposé plainte contre la famille royale du Qatar devant le Haut conseil des Nations unies pour les droits de l’homme. L’ancien président de la Fifa, Michel Platini, grand défenseur de la candidature du Qatar pour organiser le Mondial, aurait aussi été espionné. Cela se serait produit peu avant qu’il ne soit entendu par la justice française dans le cadre d’une enquête sur les soupçons de corruption dans l’attribution de la Coupe du monde au pays du Golfe. Selon les données récupérées par le Sunday Times et le Bureau of Investigative Journalism cette année, c’est à partir de 2019 qu’ont débuté ces opérations de piratage des boîtes mails ou de prise de contrôle à distance des micros et caméras des ordinateurs d’une cinquantaine personnalités, réalisées par un groupe de hackers indiens. «L’enquête indique clairement que le client (des hackers) est l’hôte de la prochaine Coupe du Monde: le Qatar», écrivent les journalistes. Le recours au groupe indien de hackers aurait été fait par l’intermédiaire d’anciens officiers de police ou du renseignement britanniques, travaillant désormais dans le secteur privé, détaille l’enquête du Sunday Times. Des avocats du gouvernement qatari, interrogés par le journal, ont démenti l’implication du Qatar dans cette vaste opération de hacking. Au-delà du Qatar, l’enquête du Sunday Times révèle de nombreux autres cas de hacking de personnalités réalisées par le même groupe indien, pour le compte de cabinets d’avocats anglais, de régimes autocratiques.