R. GRAVELEAU (Studio 89) : « Dans Top Chef, nous avons fait en sorte que les mesures sanitaires ne se voient pas à l’écran »

R. GRAVELEAU (Studio 89) : « Dans Top Chef, nous avons fait en sorte que les mesures sanitaires ne se voient pas à l’écran »

Tous les mercredis à partir du 10 février, «Top Chef» saison 12 va rythmer les soirées de M6 après avoir enregistré un excellent bilan la saison dernière, signant un record historique sur les moins de 50 ans. Entretien avec Romuald GRAVELEAU, Directeur de programmes à Studio 89 Productions.

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Dans le contexte sanitaire actuel, comment avez-vous produit «Top Chef» ?

Romuald GRAVELEAU

On a fonctionné de façon très pragmatique. Dès la préparation, nous avons fait appel à un médecin référent pour qu’il nous conseille au mieux. La feuille de route était de faire en sorte que la Covid ait le moins d’influence possible sur le tournage, à la fois pour les candidats, le jury, les chefs invités et les équipes. Sur cette base, nous avons mis en place un protocole drastique ainsi qu’une bulle sanitaire autour de chaque corps de métier. Une fois le casting bouclé mi-juillet, les restaurants venaient de rouvrir et les candidats sélectionnés étaient tous dans une sorte de locomotive de travail. Nous leur avons annoncé leur participation à «Top Chef» avec un protocole leur imposant d’être à l’isolement pendant toute la durée du tournage : logement à l’hôtel sans contact avec l’extérieur. Ils ont tous joué le jeu.

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Artistiquement, ce protocole sanitaire a-t-il impacté l’émission ?

Romuald GRAVELEAU

Cette année, nous avons eu la chance de tourner sur un plateau plus grand, à la Plaine St-Denis. Cela nous a permis d’élargir le décor, d’assurer une distanciation sociale plus grande, d’élargir la table des membres du jury. Artistiquement, nous avons fait en sorte que les mesures sanitaires ne se voient pas à l’écran. La structure d’un épisode reste la même. Sur le tournage, on gère entre 100 et 130 personnes. Le montage se fait toujours à flux tendu avec plusieurs épisodes qui se montent en parallèle. C’est une grosse locomotive très bien huilée. Chaque année, on modifie un peu la narration, la bande-son, on introduit de nouvelles caméras, de nouvelles façons de filmer. Sur la 2ème partie de soirée, Stéphane Rotenberg et François-Régis Gaudry (critique gastronomique) ont organisé des «Grands Duels» avec d’anciens candidats de la dernière saison. Sur la 3ème partie de soirée, nous faisons revivre l’historique de «Top Chef», toutes saisons confondues, sur la base des 130 épisodes et des 300 heures de programmes.

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Comment se passe la pré-production de «Top Chef» ?

Romuald GRAVELEAU

On repart à chaque fois d’une page blanche. En pré-production, on enquête sur le monde de la gastronomie, essayant de savoir quels sont les chefs et les plats qui ont émergé. Partant de là, nous faisons une photographie de la cuisine et des tendances du moment. Nous repérons ainsi des chefs hyper créatifs ayant une approche très novatrice. Voilà pourquoi la ligne éditoriale a été basée cette année sur la créativité.

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Côté casting, quels profils cherchez-vous ?

Romuald GRAVELEAU

Des personnalités culinaires ! On a la chance de recevoir entre 600 et 700 candidatures chaque année de jeunes chefs talentueux. 80 sont retenus sur la base de leur CV, de leurs expériences, et des photos de leurs plats. Puis, nous choisissons les meilleurs d’entre eux. Les chefs viennent dans le concours parce que nous avons réussi à le crédibiliser et à en faire une institution. Dans la promo 2020, Mory Sacko a obtenu par exemple sa première étoile au Michelin.

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Un mot sur «Cauchemar en cuisine» dont vous vous occupez aussi ?

Romuald GRAVELEAU

Nous allons voir dans quelle mesure on relance le programme. Tout est à l’étude en fonction des annonces du gouvernement. La force de Philippe Etchebest est de régler des problématiques professionnelles et humaines. La question qui se posera, c’est de savoir dans quelle mesure la Covid aura impacté ces restaurants.

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