De 1995 à 2001, la psychose règne à Perpignan où plusieurs jeunes femmes disparaissent dans le quartier de la gare et sont pour certaines retrouvées mortes, atrocement mutilées: une mini-série présentée mardi à La Rochelle revient sur l’affaire des «disparues de la gare».
Les deux premiers des six épisodes de cette production originale Disney+, disponible dès le 8 octobre sur la plateforme de streaming, ont été projetés en avant-première au 27e Festival de la fiction de la cité charentaise.
L’actrice française Camille Razat («Emily in Paris») incarne une jeune policière en première ligne dans cette traque à rebondissements d’un tueur en série. Elle est épaulée par Hugo Becker («Au service de la France»), qui joue son supérieur, et Patrick Timsit son mentor. ««Les disparues de la gare»», c’est surtout l’histoire de la violence faite aux femmes», estime Virginie Sauveur, la réalisatrice («Engrenages»).
«C’est ma façon de dire que la peur que nous portons toutes n’est pas normale. C’est aux hommes d’arrêter de tuer, pas aux femmes d’arrêter de vivre», explique Gaëlle Bellan, la créatrice («Le bureau des légendes», «Le temps des égarés»). La série retrace le fil de cette enquête policière et judiciaire hors-normes. Les enquêteurs ont mis 17 ans à identifier Jacques Rançon qui a été condamné en 2018 à la perpétuité pour le meurtre de Moktaria Chaïb et Marie-Hélène Gonzalez. Un tenancier de bar, Marc Delpech, a pour sa part été condamné en 2004 à 30 ans de prison pour le meurtre de Fatima Idrahou, retrouvée étranglée au bord d’un étang de Canet-en-Roussillon (Pyrénées-Orientales) après avoir disparu elle aussi à Perpignan. La fiction met l’accent sur la bataille des proches des victimes.
Notamment Marie-Josée Garcia, interprétée par Mélanie Doutey, qui est déterminée à retrouver sa fille Tatiana Andujar, l’adolescente dont la disparition en 1995 reste un mystère.
Au moment des faits, Jacques Rançons purgeait une peine pour viol à Amiens. «Nous avons rencontré Marie-Josée Garcia, qui est très forte et solaire à la fois.
Sa place dans cette affaire est à part, elle n’a jamais eu de réponse. Nous ne voulions pas que son combat tombe dans l’oubli», explique la réalisatrice.
«L’intérêt de cette série est aussi de montrer deux femmes admirables et combatives dans des univers très différents», assure Mélanie Doutey, évoquant son personnage et celui de Camile Razat.



































