À l’occasion de la sortie de la série «Phœnix» sur france.tv, Alexandre Charlet, gérant et producteur des Films du Cygne, revient sur la genèse de ce thriller écologique européen ambitieux coproduit avec Storia Television (Mediawan).
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«Phœnix», lauréate du Prix de la Meilleure Série 52’ au Festival de la Fiction de La Rochelle, interroge frontalement les moyens d’action face à l’urgence climatique. Qu’est-ce qui vous a convaincu que ce projet devait voir le jour aujourd’hui ?
Alexandre CHARLET
C’était avant tout un désir de producteur. Le désir de faire une série qui accompagne les mouvements de jeunes activistes, et plus particulièrement celui des jeunes activistes du climat qui tapent du poing sur la table face aux grands de ce monde. Partout en Europe – et même au-delà – on voyait émerger une jeunesse en quête de parole, désireuse de faire bouger les lignes. Avec «Phœnix», l’idée était d’accompagner ce mouvement sans jugement, mais en posant des questions fortes. La série montre ces jeunes prêts à franchir la ligne de l’illégalité pour se faire entendre. Et c’est précisément cette ambivalence, cette zone grise qui nous intéressait : jusqu’où peut-on aller lorsque l’on a le sentiment que plus personne n’écoute ? C’est cette tension morale qui structure tout le récit de ce thriller que l’on voulait vraiment haletant.
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La dimension européenne est au cœur du projet. Pourquoi était-elle essentielle ?
Alexandre CHARLET
Elle est née d’abord d’un point de vue narratif. Les jeunes activistes sont organisés en réseaux et à l’échelle européenne: Allemands, Belges, Français, Suédois… Il était logique que l’action se déploie aux quatre coins du continent. C’est ce qui a conduit les auteurs à imaginer une opération coordonnée visant des dirigeants de grandes entreprises accusées de greenwashing. Sur le plan de la production, cette ambition européenne s’est concrétisée au MIA à Rome, puis au sein du European Writers’ Club, au cours duquel la ZDF a découvert le projet, avant de rejoindre l’aventure aux côtés de France Télévisions.
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La série a été développée pendant plus de 4 ans. Qu’est-ce que ce temps long a changé dans la construction du projet ?
Alexandre CHARLET
Après un temps important d’écriture, il a fallu réunir les financements, un processus nécessairement plus long dans le cadre d’une coproduction européenne. Et ce temps a surtout permis d’approfondir l’écriture. Nous avons notamment renforcé la place des personnages adultes. D’une part, pour répondre à une demande de France Télévisions, afin de permettre une diffusion en prime time et ainsi accroître l’engagement financier de la chaine par rapport au modèle initial de France·tv Slash. «Phœnix» est ainsi devenu un projet pilote accompagnant l’évolution de France·tv Slash vers des séries plus ambitieuses, avec des formats plus longs et des moyens renforcés. Cette montée en puissance du rôle des adultes pour la diffusion linéaire, était aussi une demande de Mediawan Rights pour les ventes internationales.
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Les Films du Cygne semblent se positionner sur des projets portés par une vision d’auteur forte. Est-ce une ligne assumée ?
Alexandre CHARLET
La vision d’auteur est naturellement très attendue par les diffuseurs. Si nous souhaitons proposer des œuvres singulières, il faut accepter de défendre des regards différents. Pour autant, on ne s’enferme dans aucun cadre. On ne s’interdit aucun genre, format ni diffuseur y compris au-delà des frontières. La coproduction internationale fait pleinement partie de notre ADN. Nous venons du cinéma, avec des courts et des longs-métrages développés et coproduits à l’international, et cette culture irrigue naturellement notre travail en série, tant sur le plan artistique que stratégique.
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Quels sont vos axes de développement ?
Alexandre CHARLET
Nous aimons travailler sur plusieurs fronts : polar, thriller… pour des séries d’action mais aussi la comédie romantique est un genre qui peut nous animer. Un unitaire sociétal autour de la précarité étudiante est très avancé avec France Télévisions. Nous développons également un thriller survivaliste, ainsi qu’un polar adapté d’un roman de Franck Thilliez.
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Et au cinéma ?
Alexandre CHARLET
Nous poursuivons le développement de longs-métrages, notamment en animation. Trois projets sont actuellement en cours, dont «Ro» de Magdalena Osinska en stop motion qui entre en production ce printemps, «Les mots de Caramel» de Salvador Simó et «The Northern Star» d’Eléa Gobbe-Mevellec. L’activité est dense, mais c’est exactement ce que nous recherchons.
LES DIRIGEANTS
A. CHARLET
Gérant et producteur
COORDONNEES
5 rue du Commandant Lamy. 75011 Paris
DATE DE CREATION
2000
PRODUCTIONS
«Phoenix» (6×45’), «Meurtres à Chartres» (90’), «Même les souris vont au paradis» (86’)…



































