Un Français sur trois achète déjà avec l’aide de l’IA

Un Français sur trois achète déjà avec l’aide de l’IA

Utiliser l’IA jusqu’à l’achat? Maximilien signerait «sans aucune hésitation» et comme lui de plus en plus de consommateurs adoptent déjà l’IA dans leurs parcours d’achat sur internet, «une révolution» en cours, selon les experts de l’e-commerce. Un tiers des Français ont déjà basculé dans l’achat guidé par l’IA, selon une étude Odoxa pour la Fédération de l’e-commerce (Fevad) dévoilée mercredi. Maximilien, ingénieur informatique, s’en sert aujourd’hui pour négocier le prix d’un écran. Demain, le trentenaire dit qu’il serait prêt à «confier une carte virtuelle avec un plafond de paiement à un agent autonome en lui donnant des consignes claires» pour notamment «faire les courses du quotidien» et lui «retirer cette charge mentale». «L’IA est une vraie révolution pour notre secteur», estime Marc Lolivier, délégué général de la Fevad. Près d’un Français sur 3 (31%) utilise déjà l’IA générative pour effectuer ses achats. Cette pratique est particulièrement ancrée parmi les moins de 35 ans, les cadres et les Franciliens. Selon Marc Lolivier, «pour la 1ère fois», l’usage commercial accompagne le développement d’une technologie au lieu de le suivre. «Dix ans après le lancement du smartphone, à peine 10% des consommateurs l’utilisaient pour passer des commandes. Là, en 3 ans, on est déjà à plus de 30%». Et si on se projette, «on peut dire qu’avant 2030, il y aura plus de la moitié des Français qui l’utiliseront» dans ce cadre. Pour comparer les prix, obtenir des informations ou effectuer une 1ère sélection, les Français adoptent progressivement des outils comme ChatGPT (OpenAI), Gemini (Google), Copilot (Microsoft) ou encore le Chat du français Mistral. On les sollicite plus volontiers pour acheter des produits technologiques ou encore de l’électroménager (29% des recherches) que pour la mode (21%). Côté services, les séjours (23%) et les billets de transports (18%) figurent en tête. Sur ChatGPT aux Etats-Unis, il est déjà possible de faire certains achats sans quitter la conversation. Google, qui grignote progressivement des parts de marché, a suivi en lançant en janvier la vente en ligne par l’intermédiaire de Gemini. En France, les chatbots d’IA proposent pour l’instant des liens externes vers des sites, sans pouvoir finaliser l’achat. Mais «dès 2026, sûrement avant l’été, l’activité du commerce agentique va démarrer réellement et dépasser le stade des simples tests», estime Guilhem Bodin, associé chez Converteo, cabinet de conseil spécialisé dans l’IA. Selon une étude Converteo parue en janvier, 83% des sondés ont déjà utilisé un outil d’IA générative et 39% des consommateurs ont déjà utilisé l’IA pour accompagner un achat. Le consommateur entre dans une «ère de l’hyper-personnalisation», selon Guilhem Bodin: «c’est le nouveau bouche à oreille. Je donne mon contexte, ce que je veux, mes doutes et face à tous ces éléments-là ces outils vont me proposer ce qu’il y a de plus rationnel, pour acheter une télé, un vélo, un matelas, etc.». Pour les marques, «le référencement classique (sur un moteur de recherche) ne suffit plus: à mesure que les IA génératives deviennent les 1ers points de contact, les marques doivent apprendre à optimiser leur présence dans leurs réponses». Autre signe que les changements s’accélèrent, l’Autorité de la concurrence va enquêter sur le sujet: «c’est tout l’écosystème de la vente en ligne qui pourrait devoir s’adapter à l’irruption et au développement du commerce agentique», a-t-elle alerté en janvier. Selon Guilhem Bodin, se poseront des «questions sociétales, juridiques et d’antitrust» car «l’hypothèse que demain tout le commerce soit confié à Google est réelle». Des géants de la distribution, comme Carrefour en France, ont déjà adhéré. Si ce protocole est «une bonne chose» selon Marc Lolivier (Fevad), il faut penser à «encadrer» les géants de la tech «pour ne pas rentrer dans des situations de dépendance», pointant un «problème de souveraineté».

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