ChatGPT intègre la publicité, l’IA bascule dans l’économie des annonceurs 

ChatGPT intègre la publicité, l’IA bascule dans l’économie des annonceurs 

Bouleversement majeur, l’arrivée de la publicité sur les chatbots d’intelligence artificielle cristallise les inquiétudes autour de la confidentialité des données des utilisateurs, face à des marques qui multiplient déjà les astuces pour rester visibles. Sous pression pour rentabiliser ses dépenses colossales, OpenAI a commencé début février à introduire aux États-Unis des publicités sur ChatGPT, l’agent conversationnel d’IA le plus utilisé au monde, au sein de son offre gratuite et à prix réduit. Un choix rapidement moqué par son rival Anthropic, qui revendique la sécurisation de ses données, lors d’un spot de pub viral diffusé le 8 février lors du Super Bowl. Il met en scène une personne qui demande des conseils à un outil conversationnel et reçoit des réponses sérieuses avant qu’elles ne soient interrompues par une publicité pour un site fictif de rencontre. Un message «clairement malhonnête», a jugé le patron d’OpenAI, Sam Altman. Au-delà d’OpenAI, Microsoft propose déjà des contenus sponsorisés sur son assistant IA Copilot à destination du grand public depuis 2023. Perplexity l’expérimente depuis 2024 aux États-Unis. Google affirme ne pas vouloir intégrer des pubs dans son chatbot Gemini, mais en teste dans ses «aperçus» générés par IA sur son moteur de recherche depuis 2025, une fonction non disponible en France pour le moment. 

Confidentialité des données : Le sujet «doit être abordé avec beaucoup de précaution», a averti en janvier Demis Hassabis, patron de Google DeepMind, lors du Forum économique mondial à Davos. «Si vous voulez un système qui travaille pour vous, qu’est-ce qui compte le plus ? La confiance. Dans la sécurité et la confidentialité, parce que vous voulez partager potentiellement votre vie avec votre assistant», a-t-il estimé. OpenAI a assuré que les réponses de ChatGPT ne seront pas influencées par les publicités, clairement labellisées comme telles, et que l’entreprise ne vendra pas les données de ses utilisateurs aux annonceurs. Les entreprises d’IA «s’inquiètent que la vente de publicités n’effraie les utilisateurs», reconnaît Nate Elliott, analyste chez Emarketer. Selon Jérôme Malzac, directeur de l’innovation chez Micropole, entreprise de conseil en IA, si l’apparition de publicités peut perturber ceux qui consultent un chatbot «pour résoudre un problème ou faire une recherche d’informations», elle peut aussi être acceptée par une majorité d’internautes. «Quand c’est gratuit, on est le produit, rappelle-t-il. C’est un risque dont on a déjà tous plus ou moins conscience, mais qu’on accepte parce qu’on y trouve un intérêt». De quoi ravir les annonceurs qui observent la diffusion rapide de l’usage de l’IA générative dans la population. «Nous constatons déjà à quel point les taux de conversion (la proportion d’achats après une campagne publicitaire, ndlr) sont élevés pour les personnes qui arrivent via ChatGPT et les autres grands modèles de langage», indique Justin Seibert, président de Direct Online Marketing, estimant que «cela va changer la donne pour l’ensemble du secteur». 

Aucun article à afficher