« La France est aujourd’hui le pays phare de la coproduction internationale », a insisté jeudi le président du Centre national du cinéma (CNC), à quelques jours des Oscars où plusieurs productions hexagonales prétendent à une statuette. « Nous avons en France un tissu de producteurs, de vendeurs internationaux qui font qu’effectivement, aujourd’hui, un tiers du meilleur du cinéma mondial passe par la France », a affirmé Gaëtan Bruel à l’issue d’une rencontre avec la presse organisée par l’AJM (Association des journalistes médias). Les cinq films concourant dans la catégorie du meilleur film international aux Oscars qui se tiendront dimanche sont en partie produits par des sociétés françaises, souligne-t-il. Au départ, « il y avait 86 films venant de 86 pays (à prétendre à l’Oscar) et la France était derrière 27 » de ces longs-métrages, a précisé Gaëtan Bruel. À l’arrivée, le candidat de la France (le film iranien de Jafar Panahi « Un simple accident ») fait partie des cinq sélectionnés, au côté de « Valeur sentimentale » (Norvège), « Sirât » (Espagne), « La Voix de Hind Rajab » (Tunisie) et « L’Agent secret » (Brésil). « La France est derrière les cinq films et le CNC a financé quatre des cinq prétendants », s’est félicité M. Bruel. Le CNC finance, grâce à l’aide au cinéma du monde, une soixantaine de films tous les ans partout dans le monde pour un montant d’environ 8 millions d’euros. Cette aide « permet à la France, dans un contexte d’interrogation mondiale sur l’avenir du cinéma, d’être le pays où tout le monde converge, que vous soyez un réalisateur en difficulté ou en exil, comme Jafar Panahi, ou un réalisateur à Hollywood qui se demande quel est le sens de rester dans un écosystème qui ne croit plus dans la salle de cinéma », affirme Gaëtan Bruel. La France est également bien représentée dans la catégorie meilleur film d’animation des Oscars avec deux prétendants: « Arco » (César du meilleur film d’animation) et « Amélie et la métaphysique des tubes ». « Si le cinéma est une filière industrielle, l’un de nos fleurons, c’est l’animation », a estimé le patron du CNC. Dans un marché en crise, où plus de la moitié de la consommation se fait sur YouTube et où l’intelligence artificielle bouscule la création, « le pari que nous faisons, c’est que plus on va être dans un océan de contenus standardisés, massifiés, low cost, plus la singularité des oeuvres va être le nouvel or noir », selon Gaëtan Bruel.


































