L’année 2007 a été un mauvais cru pour Bertelsmann et le géant allemand des médias, avec un nouveau patron à sa tête, réagit en s’attaquant à ce qu’il qualifie lui-même de son «coeur historique», les clubs de livres et de disques. Direct Group, la division en question, «doit être restructurée d’ici mi-2009», a déclaré mardi le nouvel homme fort de Bertelsmann, Hartmut Ostrowski, arrivé aux manettes à l’automne. C’est-à-dire réorientée vers des activités plus lucratives, ou vendue. Direct Group et ses clubs de livres et de disques, France Loisirs par exemple, ont tiré l’expansion de Bertelsmann dans les années 50 et 60, et en constituent «le coeur historique», a-t-il reconnu. Les bénéfices dégagés par cette activité ont notamment été investis dans RTL, vache à lait du groupe aujourd’hui. Mais le modèle n’est plus porteur, alors qu’un clic suffit pour l’achat de livres, disques et DVD, et que les consommateurs butinent et téléchargent. Les clubs, implantés aussi en Espagne, au Portugal et en Amérique du Nord, perdent des abonnés, ont reconnu mardi les dirigeants de Bertelsmann sans avancer de chiffres. C’est aux Etats-Unis et au Canada que l’évolution est la plus fâcheuse. En conséquence, Direct Group North America sera cédé prochainement. «Nous allons démarrer le processus de cession dans les semaines à venir», a indiqué le directeur financier de Bertelsmann, Thomas Rabe. C’est ainsi un peu moins de la moitié du chiffre d’affaires de Direct Group, un milliard d’euros sur les 2,6 milliards dégagés par la division l’an dernier, qui vont disparaître. Ce retrait est aussi l’aveu d’une erreur stratégique patente. En 2005, Bertelsmann avait racheté Columbia House, distributeur de DVD sur le principe du club. «Nous avions à l’époque une autre opinion de ce marché», a reconnu M. Ostrowski, qui siégeait à l’époque déjà au directoire de Bertelsmann. Et cette opinion «n’était pas la bonne».



































