Après Jacqueline Maillan au théâtre et Catherine Deneuve au cinéma, Clémentine Célarié incarne Suzanne Pujol, l’héroïne de «Potiche», pièce de boulevard culte de 1980 parmi les premières comédies sociales féministes, de retour à l’affiche sur scène à Paris avant une tournée.
En 2010, François Ozon a porté à l’écran cette pièce de Barillet et Grédy sur l’émancipation de l’épouse d’un patron d’une usine de parapluies cantonnée par ce dernier à son rôle de mère et femme au foyer.
Femme effacée et soumise sans s’en rendre compte, Suzanne Pujol se retrouve aux commandes de l’entreprise pendant la séquestration de son mari par les ouvriers en grève.
La «potiche» se révèle en excellente gestionnaire, devenant en même temps une ardente résistante au machisme patronal et familial.
«Faire rire sur un sujet aussi sérieux, c’est jouissif !», confie Clémentine Célarié qui succède aussi sur scène dans ce rôle à Danielle Darrieux et Anne-Marie Carrière, cette fois à l’affiche du Théâtre Libre à Paris jusqu’au 30 avril. «Au début, cette femme soumise est étouffée par le machisme. Elle s’oublie totalement pour son mari. Le pouvoir lui tombe dessus et elle prend alors conscience de ce qu’elle est vraiment. C’est très chouette !», ajoute la comédienne.
«Cela faisait longtemps que je n’avais pas fait de comédie. J’avais un peu abandonné mon clown, mais je ne voulais pas faire le guignol pour faire le guignol. «Potiche» me donne cette occasion», observe Clémentine Célarié, entourée de six comédiens.
Touche irrésistible de fantaisie et de modernité : la secrétaire du mari est jouée par Hugo Bardin, alias l’exubérante drag queen Paloma révélée par l’émission Drag Race France.
«Derrière les rires et les quiproquos, «Potiche», qui a été une comédie visionnaire, bouscule encore aujourd’hui par sa pertinence et son ironie sociale sur la place des femmes dans la société, la remise en question du jeu des pouvoirs dans le couple comme en politique», souligne le producteur Jean-Marc Dumontet, directeur du Théâtre Libre.
Pour le metteur en scène Charles Templon, «le théâtre de boulevard possède cette force particulière de peindre sans filtre les violences ordinaires, les hypocrisies familiales, les conflits de classe et de genre. Le rire y devient une arme : directe, parfois brutale, toujours révélatrice».
La comédienne, qui partage son temps entre cinéma, séries et théâtre, met la dernière main à un roman, «Les Cicatrices», une histoire d’amour avec une grande différence d’âge.
Elle prépare aussi un film sur les violences conjugales qu’elle compte réaliser.
Lors du prochain Festival Off d’Avignon en juillet, la comédienne, qui a confié avoir surmonté un cancer, va créer «Mon Cow-boy», pièce autobiographique «sur le pouvoir de l’imaginaire dans la guérison»




































