Dominique Baudis, du journalisme à la politique

Dominique Baudis, qui quitte à 60 ans la présidence du Conseil supérieur de l’audiovisuel, se sera particulièrement employé au lancement de la télévision numérique terrestre (TNT), après une carrière dans le journalisme, puis en politique dans le camp centriste. Son action, à la tête de la haute autorité de l’audiovisuel, aura été marquée par un bouleversement sans précédent des modes de diffusion des radios et des télévisions, avec le passage de l’analogique au numérique. Il aura également dû, pendant son mandat, affronter de sordides accusations de moeurs, dont il est sorti blanchi, lancées par des prostituées de Toulouse dans le cadre de l’affaire Alègre, du nom d’un tueur en série. Aux côtés du gouvernement, Dominique Baudis s’est particulièrement employé au succès du lancement de la TNT, le 31 mars 2005. Avec le ministre de la Culture et de la Communication, Renaud Donnedieu de Vabres, il avait symboliquement appuyé ce jour-là sur le bouton qui lançait les premières images de la TNT. Jaloux de son indépendance, le CSA évitait de s’engager dans le débat politique en cours sur le projet de loi de la télévision du futur (télévision en haute définition et télévision mobile). Confronté à la convergence des secteurs des télécommunications et de l’audiovisuel, Dominique Baudis défendait aussi les prérogatives du Conseil face à l’Autorité de régulation des communications et des postes (Arcep), avec laquelle certains souhaitaient un rapprochement. Les missions de l’Arcep et du CSA sont «bien distinctes», écrivait-il en décembre 2006. Sa nomination à la tête du CSA par le président de la République, le 17 janvier 2001, qui lui interdisait toute autre fonction et mandat, avait été précédée de longues années d’engagement dans la famille centriste. Son prédécesseur à la tête du CSA, Hervé Bourges, avait souligné à cette occasion qu’ «un ancien journaliste qui exerce des fonctions politiques est un homme politique».

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