À Bratislava, la colère monte contre les réductions budgétaires dans la culture

À Bratislava, la colère monte contre les réductions budgétaires dans la culture

Des milliers de personnes ont protesté mardi soir dans les rues de Bratislava, la capitale slovaque, contre les licenciements dans l’audiovisuel public et les nouvelles coupes budgétaires dans le secteur culturel, opérées par le gouvernement nationaliste.

Le Fonds de soutien aux arts (FPU) a annoncé en mars annuler plus de deux millions d’euros de subventions triennales destinées à des dizaines de festivals, de magazines et de centres culturels. Une décision qualifiée de «dévastatrice» par le monde de la culture, qui intervient en même temps que des mesures d’économies concernant l’audiovisuel public STVR.

Depuis son retour au pouvoir en 2023, le Premier ministre Robert Fico a pris pour cible les médias, la scène culturelle et le mouvement LGBT+ en Slovaquie, à l’image de son voisin illibéral hongrois Viktor Orban, au nom de la promotion de la «culture slovaque».

«Tout commence toujours par la culture : les régimes totalitaires s’en prennent d’abord aux personnes ayant une pensée critique», a déclaré Marian Hatala, une traductrice littéraire de 67 ans. «Les étudiants sont désespérés», a renchéri Palo Macho, un peintre âgé de 60 ans, également professeur à l’Académie des Beaux-Arts. «Nous avons un énorme flux de sortie. Un grand nombre de personnes acceptées l’an dernier sont parties pour la République tchèque», a-t-il déploré. Des milliers de personnes travaillant dans le secteur de la culture «sont maintenant au bord de la survie», ont dénoncé les organisateurs de la marche, issus de la plateforme Open Culture. Selon Open Culture, l’argent public est réorienté vers une nouvelle institution dotée de 12 millions d’euros, qui multiplie les achats comme des «des bus, des tracteurs, des fenêtres et des voyages à l’étranger surfacturés», tandis que la survie de festivals internationaux comme White Night, Viva Musica! et Bratislava Jazz Days est en jeu.

Le président du conseil du FPU, Matus Olha, a défendu l’arrêt des subventions, affirmant que, par le passé, l’argent public avait avantagé «certaines entités privilégiées».

L’ancien chef du FPU, Robert Spotak, limogé en avril 2025, a rejeté cette allégation, déclarant que «les contrats garantissaient la stabilité et permettaient aux organisateurs de planifier des programmes internationaux».

Face aux critiques, formulées également dans les rangs de la coalition au pouvoir, la ministre de la Culture Martina Simkovicova et le FPU ont affirmé la semaine dernière que les subventions ne seraient finalement pas supprimées mais juste mises sur pause pour réexamen. Mais aucun versement n’a été effectué depuis.

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