Un juge fédéral américain a bloqué mardi l’arrêt du financement par l’Etat des réseaux de radios et de télévisions publiques, NPR et PBS, décidé par décret par Donald Trump.
Le 1er mai dernier, le président a pris un décret ordonnant de «cesser le financement fédéral de NPR et de PBS», accusés par la Maison Blanche de relayer «la propagande de gauche avec l’argent des contribuables».
Ce décret avait été suivi par un vote du Congrès en juillet supprimant 1,1 milliard de dollars de financement pour la Corporation for Public Broadcasting (CPB), aujourd’hui disparue, qui contribuait en partie aux budgets de NPR et de PBS.
Saisi par les deux réseaux publics, un juge fédéral du district de Columbia, Randolph Moss, a estimé mardi que le décret présidentiel était inapplicable car il violait le premier amendement de la Constitution américaine – celui qui protège la liberté d’expression.
Dans sa décision, le magistrat explique que le gouvernement peut choisir ce qu’il finance. Mais il estime aussi qu’il ne peut pas punir des médias en leur coupant des financements à cause de leurs opinions.
«Le premier amendement trace une ligne que le gouvernement ne peut pas franchir: celle qui consiste à utiliser le pouvoir de l’Etat – y compris le pouvoir du portefeuille – pour «punir ou réduire au silence une expression qu’il désapprouve» chez autrui», écrit le magistrat.
Or selon lui le «message» de Donald Trump était «clair», à savoir qu’à ses yeux «NPR et PBS n’ont plus à solliciter aucune aide fédérale, parce que le président désapprouve leur couverture médiatique jugée «de gauche»», poursuit le juge.
Plus de 40 millions d’Américains écoutent chaque semaine la radio publique NPR et 36 millions regardent chaque mois une télévision locale du réseau de PBS, selon des estimations de ces médias.
«Il s’agit d’une décision ridicule rendue par un juge militant cherchant à saper la loi. NPR et PBS n’ont aucun droit de recevoir des fonds publics, et le Congrès a déjà voté la suppression de leur financement», a réagi Abigail Jackson, porte-parole de la Maison Blanche.
A l’inverse, la patronne de NPR Katherine Maher a salué une «victoire» qui réaffirme «les droits d’une presse libre et indépendante». «Les médias publics existent pour servir l’intérêt général – celui des Américains – et non un agenda politique ou un responsable élu», poursuit-elle.
«Comme nous l’avons soutenu, et comme le juge Moss l’a confirmé, ce décret constitue un cas d’école de discrimination fondée sur les opinions», a réagi de son côté un porte-parole de PBS.
Depuis son retour au pouvoir en 2025, Donald Trump a intensifié son combat contre les médias qu’il juge lui être hostiles, utilisant les nombreux leviers à sa disposition, politiques, financiers ou encore légaux.



































