Alain de Pouzilhac, Président du Directoire de France 24

    42

    Quatre mois après le lancement de France 24, le 6 décembre dernier, en exclusivité sur Internet, Alain de Pouzilhac, président du Directoire, dresse un bilan positif de l’activité de la chaîne française d’information internationale, qui appartient à part égale à TF1 et France Télévisions.

    média+: Vous avez d’abord lancé la chaîne en exclusivité sur Internet et seulement 24 heures plus tard sur les réseaux cablés et satellitaires. Pourquoi ce choix ?

    Alain de Pouzilhac : En relevant ce challenge, nous avons été la première chaîne lancée en exclusivité sur Internet et en trois langues (français, anglais, arabe). Nous voulions toucher tous les citoyens du monde, même si nous ne sommes pas encore une chaîne mondiale, puisque nous ne couvrons pour l’instant que deux Etats. Cette opération était aussi le moyen de montrer l’importance d’Internet et de prendre en considération les nouveaux comportements des gens, qui souhaitent de plus en plus d’interactivité et de réactivité. Cela montrait également le côté contemporain que l’on souhaite conférer à France 24.

    média+: Quelles sont les particularités de la chaîne ?

    Alain de Pouzilhac : Nous informons sur l’actualité internationale avec un regard français. Le Français reconnaît la diversité du monde et met en avant le débat et la confrontation. De plus, il laisse une place importante à la culture et l’art de vivre. Aucune chaîne n’est objective, mais nous mettons en avant l’indépendance, l’honnêteté et l’impartialité, ce sont des vertus indispensables. Tous nos jeunes journalistes sont bilingues, français-anglais ou français-arabe. Ce qui permet une fraîcheur et une ouverture d’esprit. 250 journalistes travaillent au sein de la rédaction et 200 sont correspondants dans le monde, à cela viennent s’ajouter d’autres journalistes en free lance ou appartenant à TF1, France 2, RFI…

    média+: Quatre mois après le lancement de la chaîne, quel bilan dressez-vous ?

    Alain de Pouzilhac : C’est une belle aventure, nous avons comblé un vide. Le bilan est positif et va même au-delà de nos espérances. Dès son premier mois d’existence, le site se place à la troisième place des sites les plus regardés par des visiteurs uniques, derrière CNN et BBC. France24.com est le premier en France et au Japon, troisième en Grande-Bretagne et en Allemagne, quatrième aux Etats-Unis.

    En broadcast, la chaîne a réuni entre 8 et 10 millions de téléspectateurs et se place à la quatrième place des chaînes d’information internationale en notoriété spontanée, derrière BBC, CNN et Al Jazeera. Pari d’autant plus réussi que nous avons un budget qui s’élève à 86 millions d’euros alors que celui d’une chaîne comme Al Jazeera s’élève à 250 millions.

    média+: Vous venez de lancer quatre heures de décrochage en arabe, pourquoi un tel choix ?

    Alain de Pouzilhac : Après des études menées auprès des nouveaux leaders d’opinion des pays du Maghreb et du Moyen-Orient, il nous est apparu que ces derniers sont à la fois friands et septiques quant à l’information qu’on leur donne. Vision de l’information qu’ils n’avaient qu’à travers CNN ou la BBC, et plus récemment avec Al Jazeera. Il apparaissait normal qu’ils aient une vision contradictoire. Le décrochage en langue arabe est de quatre heures tous les jours de 16h00 à 20h00 et nous augmenterons progressivement jusqu’à 24 heures. Les programmes sont confectionnés par 22 journalistes arabophones de huit nationalités différentes, au siège de la chaîne.

    média+: quels sont vos projets et ambitions à court et moyen terme ?

    Alain de Pouzilhac : Nous allons lancer une programmation spéciale Elections le 6 mai prochain en direct de 19h00 à 23h00. Pour la première fois, ce dispositif permettra aux Français expatriés et à la communauté internationale de suivre en temps réel, en trois langues, les résultats, réactions et commentaires de l’élection. En 2008, la chaîne devrait être diffusée en Amérique du Nord et en Asie et l’année suivante en Amérique du Sud avec l’arrivée d’une quatrième langue, l’espagnol.