D. RAPONE (Arcom) : «24% des consommateurs de biens culturels et sportifs en ligne ont recours au piratage»

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L’Arcom a présenté son dernier baromètre de la consommation des biens culturels dématérialisés. L’occasion pour media+ d’évoquer ces résultats avec Denis RAPONE, Président du groupe de travail «Protection et diffusion de la création et des contenus sportifs sur internet» à l’Arcom.

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Qu’est-ce que le baromètre de la consommation des contenus culturels et sportifs dématérialisés ?

Denis RAPONE

L’Arcom observe l’évolution des usages des consommateurs de contenus accessibles en ligne. Le «baromètre de la consommation des contenus culturels et sportifs dématérialisés» est réalisé en partenariat avec un institut de sondage depuis 2011. Dans le baromètre de cette année, nous avons étudié la consommation de douze types de contenus dématérialisés : musique, films, séries, photos, jeux vidéo, logiciels, livres numériques ou audio, presse en ligne, retransmissions sportives en direct, podcasts, spectacles vivants, et documentaires. Ce baromètre permet à l’Arcom de comprendre les usages et d’adapter le cas échéant son action pour gagner en efficacité. Il permet également à l’Autorité d’informer le secteur sur l’évolution des pratiques et la perception des consommateurs à l’égard des offres légales et illégales.

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Suivant les tranches d’âges, quels sont les types de contenus les plus consommés ?

Denis RAPONE

Nous distinguons quatre tranches d’âges dans le baromètre : les 15-24 ans ; les 25-39 ; les 40-59 ; les 60 ans et plus. Le premier constat que nous dressons, c’est que toutes ces tranches d’âge consomment assez largement des films, des séries et de la musique en ligne. Ces trois types de biens culturels se retrouvent en tête des contenus les plus consommés, et ce, depuis 2014. En ajoutant à cette liste les photos et les jeux vidéo, nous retrouvons le Top 5 des contenus les plus prisés par les 15-24 ans, les 25-39 ans et les 40-59 ans. Les films sont les biens culturels les plus consommés par toutes les générations étudiées à l’exception des 60 ans et plus pour qui la presse est le premier contenu consommé en ligne.

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Selon votre baromètre, la consommation de contenus illicites est en baisse, comment expliquez-vous cette tendance ?

Denis RAPONE

Oui et nous nous en réjouissons ! 24% des consommateurs de biens culturels et sportifs en ligne ont recours au piratage. C’est évidemment 24% de trop mais c’est mieux qu’il y a quelques années. Pour affiner cette analyse, nous étudions également l’audience des sites et applications proposant des contenus manifestement contrefaisants. À titre d’exemple, en septembre 2023, cette audience régulière ne représente plus que 14% des internautes, soit environ 7,7 millions de visiteurs uniques. L’écart entre le chiffre de l’audience mensuelle et les usages illicites déclarés des internautes sur les douze derniers mois suppose une consommation illicite moins intense. Tout cela est très encourageant et traduit nos efforts et ceux des ayants droit en matière de lutte contre le piratage.

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Diriez-vous que les internautes français sont des adeptes de l’abonnement légal à des contenus payants ?

Denis RAPONE

Tout-à-fait, et c’est une excellente nouvelle. Se tourner vers l’offre légale, c’est participer à la bonne santé de la création. Aujourd’hui, 75% des consommateurs ont accès à une offre payante et 66% d’entre eux y ont souscrit au sein de leur foyer. Parmi les types d’offres souscrites par les consommateurs, c’est la vidéo à la demande par abonnement (VàDA) qui s’impose en tête de chacune des catégories d’âge représentées dans le baromètre, y compris chez les 60 ans et plus (35%), bien qu’ils y soient significativement moins abonnés que l’ensemble des consommateurs.