La Légion d’honneur fait rêver, mais la majorité des Français ignorent comment elle est attribuée et quels droits et devoirs y sont attachés: un système, non sans incohérences et opacité, que décrypte le reportage «Les hochets de la République» dans «Envoyé Spécial» ce soir sur France 2.
Pour être fait chevalier et obtenir la plus haute et la plus convoitée des décorations de la République, «il faut justifier de services publics ou d’activités professionnelles d’une durée minimum de vingt années, assortis (…) de mérites éminents», selon le Code de la Légion d’honneur. Ce n’est naturellement pas tout: la réputation doit être sans tache. Et une fois la Légion accrochée au revers du veston, il faut s’en montrer digne. A ce titre, le Conseil de l’Ordre de la Légion d’honneur veille et doit notamment se prononcer lorsqu’un chevalier ou un officier est condamné en justice. Mais en pratique, le reportage démontre que dans plusieurs cas, ces principes ont été mis à mal, particulièrement lorsqu’il s’agit d’attribuer la Légion d’honneur: les mérites ne font pas tout, les réseaux et les intérêts particuliers jouent à plein. «Il ne faut pas être naïf, c’est une décoration mais aussi un outil politique», témoigne d’ailleurs le général Jean-Louis Georgelin, ex-chef d’état-major des armées et actuel Grand Chancelier de la Légion d’honneur.
L’affaire Woerth-Bettencourt en a fourni un exemple récent, l’ancien ministre ayant admis être intervenu pour l’attribution de la Légion d’honneur au gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt qui employait sa femme. Le reportage montre aussi que si un chevalier est condamné en justice, le Conseil de l’Ordre sanctionne, mais pas toujours avec la même sévérité.

































