J. MARCEAU (Assises du Très Haut Débit) : «Un certains nombre de leviers permettront d’améliorer le modèle français»

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Jacques MARCEAU, Président d’Aromate et Organisateur des Assises du Très Haut Débit

Organisé par le cabinet Aromates, les 11ème Assises du Très Haut Débit se tiennent ce mercredi à Paris. Pour en savoir davantage sur les enjeux réels que constitue la démocratisation du très haut débit, média+ s’est entretenu avec Jacques MARCEAU, Président d’Aromates et Organisateur des Assises du Très Haut Débit.

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Les Assises du Très Haut Débit réunissent chaque année tous les acteurs de l’aménagement numérique du territoire. Quelle est la vocation de l’événement ? 

Jacques MARCEAU

L’ambition initiale était d’attirer l’attention des élus et des pouvoirs publics sur la nécessité de déployer, sur tout le territoire français, des infrastructures pour le très haut débit capables de supporter les nouveaux usages de l’internet. L’optique était de monter en puissance, en qualité, et d’avoir un maillage total du territoire. Nous sommes loin de ces trois objectifs. Les Assises du Très Haut Débit ont été créées pour cette raison car elles sont un lieu d’échanges d’expériences, mais aussi d’idées et de technologies sur ce qui est devenu une véritable politique nationale. Plus un seul élu n’est pas sensibilisé à l’aménagement numérique de son territoire. Cette 11ème édition des Assises du Très Haut Débit, marquée par l’arrivée aux affaires d’une nouvelle équipe gouvernementale, et une Assemblée nationale renouvelée, sera l’occasion privilégiée de rouvrir le débat, et de proposer des solutions pour donner un nouvel élan au très haut débit.

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Quels sont les réels enjeux que vous constatez ?

Jacques MARCEAU

L’un des faits marquants du déploiement du très haut débit, c’est le retard que nous avons par rapport à d’autres pays européens. 26ème sur 27 en matière de fibre optique, la France n’est que 24ème sur la 4G. Triste performance pour un pays qui a fait du déploiement du très haut débit une priorité nationale, au cœur de la politique d’aménagement numérique de ses territoires. Ce plan national repose sur un découpage du territoire en 3 zones : urbaine, moyennement dense et rurale. Fort heureusement, quasiment tous les réseaux d’initiatives publics ont été alloués. Les travaux sont en cours.

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Dans quelles mesures peut-on améliorer le modèle français ?

Jacques MARCEAU

Un certain nombre de leviers permettra d’améliorer le modèle français. Il y a aussi d’autres questions liées aux statuts des grands opérateurs et à leur capacité de déployer la fibre. SFR a fait de gros progrès dans ce domaine et a montré sa volonté d’accélérer ce déploiement. Orange également. La politique industrielle se mêle à la politique générale d’aménagement du territoire qui se mêle aux évolutions technologiques qui, d’une année sur l’autre, changent la donne. Dans un contexte de révision du cadre européen et de ruptures technologiques associées aux récentes évolutions technologiques, qu’il s’agisse de la 5G, du G-Fast, DOCSIS ou autres technologies satellitaires, la France a aujourd’hui besoin d’un nouveau souffle dans son modèle.

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Quel impact aura le déploiement de la 5G ?

Jacques MARCEAU

Son arrivée n’est pas prévue dans l’immédiat. Mais grâce à la 5G, vous aurez des débits qui seront les mêmes que ceux que vous avez avec une fibre optique. La 5G apportera des solutions pour les objets connectés.