M. FELLER (Mon Voisin Productions) : « La série « Dix pour cent » est aujourd’hui disponible dans une soixantaine de pays »

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Espace PROD – Michel FELLER, Directeur global des opérations – Mon Voisin Productions 

 

média+ : La série «Dix pour cent» (6X52’) est de retour pour une 3ème saison, dès ce soir sur France 2. Quelle est la recette de votre succès ? 

 

Michel FELLER: Il n’y a pas de recettes. Nous remettons les choses sur le tapis à chaque saison. Nos équipes, nourrie pas les 25 ans d’expériences d’agent de Dominique Besnehard, prennent un vrai plaisir à développer des intrigues riches en rebondissements. Sur la 1èresaison, Cédric Klapisch nous disait que contrairement au cinéma une série demandait énormément de préparation pour un tournage extrêmement rapide comme le veut la télévision (11 jours par épisode de 52’). Si «Dix pour cent» a rencontré son public, c’est parce que nous avons tenté de raconter les coulisses d’un monde à la fois particulier et original, celui des agents. Nous sommes parvenus à parler de la vie d’une entreprise par le biais de personnages proches des gens. Entre les coulisses d’un univers qui fascine, et la vie mouvementée d’une entreprise, c’est cette dualité qui intéresse.

 

Comment optimisez-vous l’écriture de «Dix pour cent» ? 

 

A partir d’une bible littéraire déjà existante et d’un premier travail d’écriture de Nicolas Mercier, la scénariste Fanny Herrero est montée dans le train de l’écriture déjà en marche de la série pour coécrire et aussi gérer formidablement bien une équipe d’écriture composée de 5 à 7 scénaristes par saison. La série doit beaucoup à tous ces talents. Je peux citer notamment Benjamin Dupas, Quoc Dang Tran, Éliane Montane, Cécile Ducrocq, Sabrina B. Karine, Judith Havas, Frédéric Rosset et Violaine Bellet. Tous ces formidables auteurs qui sont très peu cités dans la presse… Tout cela pour rectifier un peu ce que je viens de lire récemment dans la presse. «La patronne» Fanny Herrero n’était pas toute seule.

 

La série repose sur un casting haut de gamme (Jean Dujardin, Monica Bellucci, Gérard Lanvin, Isabelle Huppert, Béatrice Dalle, …). La frontière cinéma/télévision n’existe plus ? 

 

Le frontière a fortement évolué. Quand vous vous rendez aujourd’hui à New York ou à Los Angeles, des affiches de séries TV ont remplacées les affiches des films de cinéma qui régnaient avant en maître. En l’occurrence, la consommation des séries françaises et leur attractivité rencontrent un engouement qui dépasse les frontières et les attentes. «Dix pour cent» est aujourd’hui disponible dans une soixantaine de pays.

 

Netflix exploite «Dix pour cent». Est-ce une vitrine imparable ?

 

La plateforme permet en effet de faire voir la série sur certains territoires, pendant une durée limitée. Leur intérêt est d’avoir toutes les saisons en même temps. D’ailleurs, Netflix a acheté la saison 1 de «Dix pour cent» quand ils ont eu la certitude qu’une deuxième verrait le jour. Après, ça ne change pas grand-chose dans l’économie pour la fabrication de la série. Le financement du diffuseur est resté le même entre la saison 1 et 2 et à même diminué en saison 3. Le succès sur Netflix nous assure un minimum garanti de notre distributeur qui sera ensuite entièrement réutilisé pour fabriquer la série. Sans les financements complémentaires du crédit d’impôt et du CNC nous ne pourrions produire la série. Quand on voit le marché international, nos programmes commencent à bien voyager mais avec des budgets bien moins importants que beaucoup de productions anglo-saxonnes.

 

La 4èmesaison a déjà été lancée ? 

 

Oui, nous avançons bien ! Les arches scénaristiques sont formidables. Elles sont écrites notamment par Victor Rodenbach et Vianney Lebasque deux nouveaux scénaristes fraichement arrivés sur la série et qui rejoignent une partie de l’équipe d’écriture des précédentes saisons.

 

Avez-vous d’autres projets ? 

 

Nous terminons ce soir le tournage d’un très bel unitaire pour Arte « Huguette» que réalise Antoine Garceau avec au casting Line Renaud et Romane Bohringer. Nous développons, avec Fédération, «Cabaret de Paris», une série de 8X52’ que nous allons faire avec Léa Fazer en tant que coscénariste et réalisatrice. L’histoire s’intéressera à la vie d’un cabaret parisien, une petite entreprise familiale qui fait objet de convoitise et de fantasme. Côté cinéma, nous venons de terminer «Les Vœux», un premier long-métrage de Sarah Suco. Ce film a bénéficié de l’avance sur recettes. Il a été coproduit avec Epithète Films, soutenu par la Région Aquitaine, France 3 Cinéma et Orange. D’autre part, avec Philippe Van Leeuw, nous avançons sur un projet de long-métrage : «Être roi». En 1990, le roi belge a été dans l’impossibilité de régner pendant deux jours parce qu’il ne voulait pas ratifier une loi qui dépénalisait l’avortement en Belgique. Nous allons bientôt partir en financement sur ce film.

 

 

Productions : «Dix pour cent» (France 2) : «Cabaret de Paris» (en développement) ; «Huguette» (Arte);…

Dirigeants : D. Besnehard, Producteur

M. Feller, Directeur global des opérations

Coordonnées : 31 rue de Trévise 75009 Paris – France

Date de création : 2008