Mondadori: perte nette de 181,5 millions d’euros sur les neuf premiers mois de l’année en raison de la dévaluation de sa filiale française avant sa vente

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Le groupe italien Mondadori a enregistré une perte nette de 181,5 millions d’euros sur les neuf premiers mois de l’année après avoir déprécié de 198,1 millions d’euros sa filiale française, qu’il entend céder prochainement à Reworld Media.

Le chiffre d’affaires du groupe, présent à la fois dans les livres et dans la presse magazine, a reculé de 6,9%, à 658,1 millions d’euros, sans tenir compte de cette filiale française. Avec, il a diminué de 7,2%, à 884,5 millions d’euros.

En France, «dans un contexte de marché qui continue à enregistrer une contraction tant au niveau de la diffusion qu’au niveau publicitaire, Mondadori France a enregistré une part de marché en volume de 10,7%, se positionnant comme le deuxième opérateur du secteur», a indiqué le groupe dans un communiqué de presse.

Sur les neuf premiers mois de l’année, le chiffre d’affaires de la filiale française – qui comprend plusieurs dizaines de magazines thématiques et de sites internet associés, comme «Auto Plus», «Pleine Vie», «Top Santé», «Biba», «Grazia», «Closer», «Télé Star», «Le Chasseur Français», «Science et Vie» – a reculé de 8,1%, à 226,4 millions d’euros. Le patron du groupe Mondadori, Ernesto Mauri, a affirmé le 8 novembre que Reworld Media était «très déterminé» à procéder au rachat de sa filiale française et souligné que ce processus de cession avançait «bien».

  1. Mauri avait indiqué que Mondadori, propriété de la famille Berlusconi, pourrait ainsi «réduire l’exposition du groupe au secteur magazines, qui est en difficulté, afin d’augmenter notre focus sur les livres». Cette cession éventuelle a provoqué l’inquiétude des salariés de Mondadori France, qui ont manifesté le 18 octobre à Paris.

La reprise par Reworld fait peser une «menace» sur une partie des 700 titulaires et 400 pigistes des publications, mais aussi sur certains titres comme «Biba» et «Closer», a déclaré Yves Corteville, délégué du syndicat SNJ-CGT.

Les syndicats ont appelé les pouvoirs publics à «se saisir du dossier». Selon eux, Reworld Media n’est «pas vraiment un éditeur de presse. Ce qui l’intéresse, c’est de transformer les lecteurs en contacts pour les annonceurs, en priorité sur les supports numériques». Reworld a déjà repris notamment Auto Moto, Marie France ou Maison et Travaux.