Toulouse fête, dès mercredi, le cinéma latino-américain avec la 30ème édition du festival Cinélatino

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Compétitions officielles de longs ou de courts métrages, rencontres avec des acteurs ou des réalisateurs, cartes blanches, expositions… Toulouse fête, à partir de mercredi, le cinéma latino-américain avec la trentième édition du festival Cinélatino. «En trente ans, nous avons montré les films emblématiques de ces pays en faisant des rétrospectives de tous les auteurs reconnus des différents pays, des mélos mexicains au Cinema Novo, mais notre travail a surtout consisté à découvrir les nouveaux talents», explique dans le dossier de presse Francis Saint-Dizier, le président de l’Association Rencontres cinémas d’Amérique latine de Toulouse.
«La diffusion des films art et essai non européens est difficile, tous (les) auteurs souffrent de ne pas pouvoir montrer leurs films aux spectateurs et le détour par un festival reconnu comme Cinélatino leur ouvre l’accès aux salles commerciales, y compris dans leurs propres pays», se félicite-t-il.
Coup d’envoi de la compétition Long métrage de fiction le 17 mars: douze films vont concourir pour le «Grand prix coup de coeur», dont Sinfonia para Ana (Symphonie pour Ana), réalisé par les Argentins Virna Molina et Ernesto Ardito, présenté en première européenne. Deux films notamment auront pour décors le Cuba de la «période spéciale» qui, dans les années 1990, a plongé l’île dans la pénurie après la chute du bloc soviétique : Candelaria, du Colombien Jhonny Hendrix Hinestroza, couronné à Venise par le jury de la Journée des Auteurs, et Sergio et Serguéi, du Cubain Ernesto Daranas Serrano, dans lequel le premier, radio amateur et professeur de marxisme à La Havane, tente d’aider Serguéi, cosmonaute soviétique délaissé dans l’espace, à regagner la terre.
Le jury sera composé de Bruno Deloye, directeur de Ciné +, de l’actrice chilienne Paulina Garcia – invitée d’honneur du festival – et d’Alejo Moguillansky, producteur et réalisateur argentin.Plusieurs réalisateurs dont les films ont été sélectionnés pour la compétition officielle sont annoncés à Toulouse, dont la Colombienne Laura Mora (Matar a Jesus – Tuer Jésus), le Chilien Gonzalo Justiniano (Cabros de Mierda – Sales Gosses), ou la Brésilienne Marina Meliande (Mormaço – Etouffant). Outre les compétitions Documentaires et Courts-métrages fiction, Cinélatino a donné carte blanche, notamment à Nahuel Pérez Biscayart. L’acteur argentin, distingué début mars par le César du meilleur espoir masculin pour son rôle dans «120 battements par minute», a choisi El auge del humano (L’apogée de l’humain), d’Eduardo Williams, inédit à Toulouse.
Autre carte blanche, celle donnée à Rouge International, la maison de production créée par Nadia Turincev et Julie Gayet, qui proposent les films de deux réalisateurs brésiliens: Aquarius (Kleber Mendonça Filho), et Dona Flor et ses deux maris (Bruno Barreto). Pour fêter le 30ème anniversaire du festival, les organisateurs ont proposé au public de choisir les films qu’il voulait voir ou revoir. 16 films ont finalement été plébiscités parmi la quarantaine programmés ces dix dernières années. Le palmarès Long métrage sera dévoilé le samedi 24 mars, mais les projections se poursuivront jusqu’au mardi suivant.