La féminisation du numérique en hausse mais des efforts restent à faire

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La proportion de femmes dans les filières de formation numérique est repartie à la hausse mais des efforts restent nécessaires pour continuer à la faire progresser, selon une étude du cabinet Global Contact qui, tous les deux ans, fait un bilan de l’évolution de la féminisation dans le secteur des technologies et du numérique. En 2019, les femmes représentaient 19% des effectifs dans les formations numériques (soit 5.427 étudiantes), contre 17% en 2017, un taux qui «se rapproche de la moyenne européenne de 20%», selon l’étude. «Il y a un redressement, mais on ne peut pas dire que c’est suffisant» a indiqué Claudine Schmuck, l’autrice de l’étude. «On commence à comprendre les clefs pour renverser la situation, mais il y a encore beaucoup de travail». L’étude Gender Scan montre en particulier l’impact positif des formations au numérique chez les jeunes filles pour susciter des vocations: si d’une manière générale seulement 7% des adolescentes déclarent avoir envie de s’orienter vers le numérique (contre 29% pour les garçons), la proportion monte à 17% après une formation scolaire au numérique et à 24% après une formation extra-scolaire. Parmi les principaux freins qui retiennent les jeunes filles, «la peur de ne pas être au niveau», plus forte que chez les garçons, et «l’image très technique» des métiers. Ainsi, 38% des adolescentes estiment que le numérique est «trop technique pour (elles)» (27% pour les garçons), et 28% estiment qu’il faut un «niveau de maths très élevé», contre 20% pour les garçons. «On voit qu’en France il y a un manque de confiance en soi des filles plus important que les garçons», note Mme Schmuck. «A niveau égal, on encourage beaucoup plus les garçons que les filles à aller vers les filières scientifiques». Pour renforcer l’attractivité des filières numériques auprès du public féminin, «il faut vraiment que les formations» dans le secondaire «expliquent à quoi celui-ci sert et pas seulement comment ça marche». Pour la moitié des filles qui déclarent déjà vouloir s’orienter vers le numérique, «ce qui tire cette envie, c’est qu’elles comprennent que le numérique aura de l’importance dans les métiers qu’elles veulent exercer, comme l’architecture, la production audiovisuelle ou la police/gendarmerie», souligne-t-elle. En tout cas, les étudiantes en filière numérique ne regrettent pas leur choix: 96% des étudiantes se déclarent satisfaites, contre 90% des garçons. L’étude Gender Scan  été réalisée en ligne de mars à août 2021. En France, le total de répondants a été de 2.691 adolescents et de 1.560 étudiants. La marge d’erreur est de 1,9% pour les adolescents et de 2,5% pour les étudiants.