Le CSA exhorte les plateformes à redoubler d’efforts pour lutter contre la manipulation de l’information avant les scrutins de 2022

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Le CSA a exhorté mardi les réseaux sociaux à poursuivre leurs efforts pour lutter contre la manipulation de l’information, d’autant plus nécessaires avant les échéances électorales de 2022. Pour la deuxième année consécutive, Google, Facebook, Snapchat, Twitter, LinkedIn, Microsoft, Jeuxvideo.com, Dailymotion, Doctissimo, Wikipedia et Yahoo Search ont répondu aux questions du Conseil supérieur de l’audiovisuel qui publie un rapport de 62 pages sur les mesures mises en oeuvre pour combattre les fake news. 

«Les plateformes se sont mises en mouvement mais il y a des marges de progression (…) Il faut aller plus loin», a insisté Roch-Olivier Maistre, président du CSA, lors d’une conférence de presse. La loi contre la manipulation de l’information, adoptée fin 2018, vise à endiguer la diffusion d’infox durant les campagnes électorales. Elle prévoit notamment que les plateformes en ligne mettent en place des dispositifs de signalement, et les oblige à rendre compte de leurs efforts au CSA dans une déclaration annuelle. 

Face à une surabondance de fausses informations liée à la crise sanitaire, les opérateurs ont pris un certain nombre de mesures: depuis mars 2020, Facebook et sa filiale Instagram ont supprimé 12 millions de contenus jugés erronés sur le Covid-19. YouTube, filiale de Google, a supprimé 9,3 millions de vidéos liées à la crise sanitaire au 1er trimestre 2020. «Sur de nombreuses plateformes, il y a eu une mise en avant de contenus issus de sources faisant autorité, notamment des organismes de santé (…) Les plateformes ont fait état de collaboration pour faire face à la crise avec des fact-checkers, avec les pouvoirs publics», a constaté Lucile Petit, chargée de la régulation des plateformes au sein du CSA.Néanmoins, le régulateur a pointé du doigt un certain nombre de lacunes. 

Le moteur de recherches, Yahoo Search, détenu par le géant américain des télécoms, Verizon Media, est particulièrement épinglé pour avoir transmis une déclaration très maigre sur les mesures prises. Pour Snapchat, le CSA a signalé que «de nombreuses données chiffrées» étaient «marquées comme confidentielles au détriment de la transparence vis-à-vis du public».Par ailleurs, pour signaler de fausses informations susceptibles de troubler l’ordre public ou d’altérer la sincérité d’un scrutin, le CSA avait encouragé les opérateurs à simplifier l’outil afin que l’envoi d’un signalement puisse être finalisé en trois clics maximum. Si Facebook s’est conformé à cette recommandation, 5 clics sont nécessaires sur Twitter, a regretté le Conseil. 

A 7 mois de l’élection présidentielle française, le CSA affirme être particulièrement vigilant face à la désinformation. «Nous entendons dans les semaines qui viennent avoir un échange et un dialogue pour s’attacher à voir les dispositions que ces plateformes vont prendre durant cette période sensible», a affirmé M. Maistre.