Le groupe de télécoms et de médias Altice Europe confirme ses objectifs pour 2020

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Le groupe de télécoms et de médias Altice Europe a publié un chiffre d’affaires en hausse de 3,6% au premier trimestre 2020, et a confirmé ses objectifs annuels au lendemain de l’annonce d’un plan de restructuration dans sa branche médias en France. «Après un début d’année solide, le groupe ne voit pas la nécessité de changer son objectif pour 2020», dit le groupe qui possède en France l’opérateur SFR, dans un communiqué. Le groupe présente les impacts potentiels de la crise sanitaire sur ses activités dans les télécoms : les retards dans les chantiers de fibre optique, qu’il espère rattraper, la baisse des ventes d’équipements liée à la fermeture des boutiques, pour lesquelles il vise une remise à niveau au deuxième trimestre, et la chute du «roaming» en raison de la limitation des voyages à l’étranger. Mais sur les trois premiers mois de l’année, le chiffre d’affaires d’Altice Europe ressort en progression, à 3,6 milliards d’euros, grâce à des ventes en hausse dans les télécoms dans toutes les régions – sauf en République dominicaine (-4,5%). L’Ebitda ressort en progression de 1%. «Nos activités télécom sont très résistantes», s’est félicité le grand patron du groupe Patrick Drahi au cours d’une conférence avec les journalistes. «Sans la pandémie, nous n’aurions gagné beaucoup plus parce que nous aurions eu plus de clients, plus de roaming, plus de constructions», a estimé l’homme d’affaires. En France, le groupe a vu ses recettes progresser de 3,6%, grâce à l’amélioration du revenu par abonné fixe et mobile. Les médias ont en revanche été «sévèrement impactés par la pandémie», et voient leurs ventes décliner de 7,7% sur le trimestre. La filiale de publicité sur le web Teads – un actif qu’Altice cherche à céder – a vu ses revenus augmenter de 9% mais ses activités ont été touchées de manière significative à la fin du trimestre en raison de la crise économique, qui a pesé fortement sur le marché publicitaire.
NextRadioTV, filiale d’Altice France et maison-mère de BFMTV et RMC, a annoncé mardi préparer un plan social qui verra le recours aux intermittents, aux pigistes et aux consultants divisé par deux et concernera aussi les CDD et les CDI, sans préciser le nombre de départs visés. «Malheureusement, nous avons décidé de réorganiser rapidement ce groupe et nous avons entamé les négociations avec les employés depuis hier car il n’y a pas d’autre choix que de restructurer cette activité», a commenté Drahi. Le président d’Altice espère que NextRadioTV «retrouvera la croissance l’an prohain» et balayé les critiques sur l’aspect social. «Comme vous le voyez, nous serons comme toujours critiqués parce que nous sommes les premiers à déclencher quelque chose. Nous étions les premiers à déclencher des mesures de chômage partiel en France (fin mars, NDLR), nous avons été critiqués, nous étions chaque jour dans les principaux journaux, mais deux semaines plus tard tout le monde a fait pareil». Ce plan intervient dans un contexte de restructuration plus large de la branche médias d’Altice France: sortie de l’activité presse avec la reprise de «L’Express» par Alain Weill et cession de «Libération» à une fondation, et nouveau management avec la nomination en janvier d’Arthur Dreyfuss, un proche de Patrick Drahi. La dette nette d’Altice Europe s’affichait à 31,2 milliards d’euros au 31 mars, mais le groupe assure qu’aucune ligne de crédit majeure n’arrivera à maturité d’ici 2025, après avoir procédé à des restructurations de dettes depuis le début de l’année.