L’ère des assistants autonomes commence avec OpenClaw

L’ère des assistants autonomes commence avec OpenClaw

Peter Steinberger, créateur de l’agent d’IA OpenClaw, s’est attaqué au monde de la tech grâce à un outil capable d’exécuter des tâches réelles, comme par exemple l’enregistrement de son vol pour Tokyo. L’IA n’est pas encore un assistant personnel omniprésent pour le grand public, mais «vous en verrez beaucoup plus cette année, car c’est l’année des agents», a expliqué M. Steinberger lundi. «Il reste encore des choses à faire pour l’améliorer», mais la demande s’accélère toutefois, avec de plus en plus de développeurs qui «font surgir le futur», a expliqué le programmeur autrichien. Une fois téléchargé, OpenClaw peut être connecté aux modèles d’IA existants et recevoir des instructions simples via des applications de messagerie instantanée, comme on le ferait avec un ami ou un collègue. Jensen Huang, patron de Nvidia – l’entreprise la plus valorisée au monde – a d’ailleurs salué ce mois-ci l’outil, dont le symbole est un homard rouge vif, comme «le prochain ChatGPT». Mais tout cet engouement nourrit des inquiétudes concernant par exemple les risques de cybersécurité liés à l’accès, par des systèmes d’IA vulnérables au piratage, à des données personnelles comme des informations bancaires. Peter Steinberger a conçu OpenClaw en novembre en s’amusant avec des outils de programmation d’IA pour tenter d’organiser sa vie numérique. Il a depuis été recruté par OpenAI, le créateur de ChatGPT, «pour piloter la prochaine génération d’agents personnels», a annoncé en février Sam Altman, le patron de la start-up américaine. «Cela n’aurait pas pu venir de ces grandes entreprises, confie M. Steinberger. Elles se seraient trop inquiétées de ce qui pourrait mal tourner, alors que moi, je voulais juste montrer aux gens que j’avais un pied dans le futur», explique-t-il. La prochaine innovation en IA pourrait venir «de quelqu’un qui veut juste s’amuser», estime le programmeur. Lors de l’événement «ClawCon» organisé lundi à Tokyo, où de nombreux participants étaient déguisés en homards, des démonstrations d’OpenClaw ont été présentées et des experts aidaient les visiteurs à installer leurs agents. Des opérations similaires ont été organisées en Chine, où les utilisateurs ont été particulièrement rapides à adopter le potentiel d’OpenClaw pour organiser les emails ou pour aider à accomplir une multitude de tâches numériques. «Si vous considérez cela comme une compétition, la Chine semble clairement reprendre beaucoup de terrain» dans le secteur de l’IA, reconnait M. Steinberger. «Mais pour l’instant, il y a encore un écart assez important entre les meilleurs modèles chinois et les meilleurs modèles américains». Le succès d’OpenClaw en Chine a conduit les autorités de cybersécurité et le ministère de l’Industrie à publier des mises en garde sur les risques potentiels. Peter Steinberger craint-il que son outil soit utilisé à des fins illicites? «Oui, ça m’inquiète un peu, surtout parce qu’il existe désormais toute une industrie parallèle d’entreprises qui essaient de faire de gros profits en rendant l’installation d’OpenClaw encore plus simple», répond-il. «Je n’ai volontairement pas simplifié davantage l’installation pour que les gens s’arrêtent, lisent et comprennent ce qu’est l’IA, que l’IA peut se tromper, ce qu’est l’injection de requêtes – des bases qu’il faut vraiment saisir lorsqu’on utilise cette technologie». Mais au bout du compte, «si vous fabriquez un marteau (…) vous pouvez vous blesser. Alors doit-on arrêter de fabriquer des marteaux?» Un pseudo-réseau social façon Reddit dédié aux agents OpenClaw, baptisé Moltbook, où des chatbots conversent entre eux, a également fait parler de lui et suscité une vague d’introspection autour de l’IA. «C’était très largement alimenté par des humains désireux de créer ces histoires», estime M. Steinberger, ajoutant que son arrivée chez OpenAI lui donne aujourd’hui davantage de ressources pour développer «des idées géniales».

Il rappelle que 2023-2024 «a été l’année de ChatGPT, l’an dernier celle de l’agent de codage, et cette année sera celle de l’agent généraliste». «J’adore l’idée d’avoir aidé beaucoup de gens à faire passer l’IA de quelque chose d’effrayant à quelque chose d’amusant, de bizarre et d’excitant, car il faut cela pour rendre l’outil bon pour le siècle à venir», explique-t-il.

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