Réseaux sociaux: une vague mondiale de restrictions pour les mineurs

Réseaux sociaux: une vague mondiale de restrictions pour les mineurs

A l’image de l’Australie qui interdit depuis fin 2025 les réseaux sociaux aux moins de 16 ans, un nombre croissant de pays envisagent de restreindre – et dans certains cas limitent déjà – l’accès des mineurs aux TikTok, Instagram et autre Snapchat. On recense actuellement au moins une quinzaine de pays où des restrictions d’usage sont en préparation par le gouvernement ou en discussion au parlement, voire dans quelques cas déjà appliquées.

– Contrôles déjà en vigueur : Dans cette catégorie se trouve, outre l’Australie, le Brésil avec une loi, entrée en vigueur en mars, limitant l’accès des mineurs aux réseaux sociaux, pour les empêcher de voir des contenus violents ou illégaux. Cette loi, moins restrictive que celle en vigueur sur l’île-continent, oblige les plateformes à relier les comptes des moins de 16 ans à ceux de leurs parents et contraint les plateformes à vérifier de manière «fiable» l’âge des utilisateurs. En Chine où internet est déjà strictement régulé par l’Etat, l’accès des mineurs aux réseaux sociaux a été progressivement limité et encadré depuis 2019 avec restrictions horaires et couvre-feux pour les jeux en ligne dans un 1er temps, puis à partir de 2023 pour les réseaux sociaux et plateformes de streaming. Un «mode mineur», devenu obligatoire en avril 2025, permet de filtrer les contenus, de limiter les heures passées sur internet et d’imposer des couvre-feux numériques. L’Indonésie interdit depuis le 28 mars l’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 16 ans, invoquant les menaces de pornographie, cyberharcèlement, fraude en ligne et dépendance à internet. Autre cas: la Grèce a lancé en mai 2025 une application publique baptisée «Kids Wallet» permettant aux parents d’enregistrer les appareils numériques de leurs enfants et définir des règles, notamment le blocage de l’accès aux réseaux sociaux. Mais ce contrôle parental n’est pas obligatoire et le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis a indiqué qu’il allait proposer, dans les semaines à venir, une interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans.

– Restrictions annoncées : Outre la Grèce, plusieurs autres pays européens ont annoncé prévoir légiférer à court terme sur ce sujet. Dernier en date, l’Autriche espère pouvoir présenter «dès cet été» une loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 14 ans. La Norvège a engagé une consultation publique en 2025 sur une nouvelle loi qui interdirait aux réseaux sociaux d’offrir leurs services aux moins de 15 ans, tandis que le gouvernement danois a annoncé en octobre qu’il allait proposer d’interdire «plusieurs réseaux sociaux» aux moins de 15 ans. De même, la Slovénie prépare un projet de loi pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, tandis qu’en Allemagne, où le chancelier Friedrich Merz s’est déclaré favorable à une restriction voire interdiction des réseaux sociaux pour les mineurs, une commission d’experts doit faire des recommandations d’ici l’été. Situation comparable au Royaume-Uni où le gouvernement travailliste attend les conclusions d’une consultation pour légiférer, après le rejet en mars d’une proposition de loi par les députés britanniques pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 16 ans. En Inde, le gouvernement a annoncé en février être en discussion avec les plateformes de réseaux sociaux sur de futures restrictions d’âge.

– A l’examen au parlement : Portugal et Espagne en sont à des stades plus avancés avec des textes de lois à l’examen. Au Portugal, la proposition de loi déposée en février par des élus du parti de droite au pouvoir, fixe à 16 ans la «majorité numérique pour l’accès autonome aux plateformes, services, jeux et applications». En Espagne, un projet de loi dévoilé en mars 2025, en cours d’examen à la Chambre des députés, prévoit de porter à 16 ans l’âge minimum pour s’enregistrer sur un réseau social (actuellement 14 ans). Enfin en Italie, une proposition de loi déposée en janvier par la Ligue, partenaire de la coalition gouvernementale de Giorgia Meloni, prévoit d’interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans et de n’autoriser les 15 à 18 ans qu’après consentement parental.

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